Dossier spécial Cinq ans après le grand séisme de l’est du Japon
Après le tsunami, la reconstruction vécue par un Anglais
Richard Halberstadt
[10.03.2016] Autres langues : ENGLISH | 日本語 | 简体字 | 繁體字 | ESPAÑOL | العربية | Русский |

Aucune municipalité n’a autant souffert du tsunami de mars 2011 qu'Ishinomaki, dans la préfecture de Miyagi, où le désastre a fait 3 500 victimes et détruit 20 000 bâtiments. Richard Halberstadt, citoyen britannique et résident de longue date à Ishinomaki, avocat passionné de sa ville d’adoption, nous a parlé de ses 23 ans de relations avec la cité et a partagé ses perspectives sur le long et dur chemin vers la reconstruction.

Richard Halberstadt

Richard HalberstadtDirecteur de l’Ishinomaki Community & Info Center. Né en 1965 à Reading, Angleterre. Après des études de japonais à la School of Oriental and African Studies (École des études orientales et africaines) de Londres, il obtient un diplôme de maîtrise en littérature de l’Université de Reading. Accepte un poste d’enseignant à l’Université Ishinomaki Senshû en 1993 et vit à Ishinomaki depuis cette date. Après le séisme et le tsunami du 11 mars 2011, il choisit de rester à Ishinomaki et d’aider à son redressement et sa reconstruction. A été nommé à son poste actuel en mars 2015.

Ishinomaki, la deuxième plus grande ville de la préfecture de Miyagi a été l’une des municipalités les plus durement touchées par le tsunami de mars 2011. Mais elle a également été une des villes les plus résistantes à la suite du désastre, grâce en grande partie au dévouement infatiguable de ses résidents, comme le citoyen britannique Richard Halberstadt, directeur de l’Ishinomaki Community & Info Center.

Situé à environ 7 minutes à pied de la gare Ishinomaki, l’ICIC a été établi en 2015 pour informer et sensibiliser les visiteurs venus de près ou de loin sur le tsunami et les progrès de la reconstruction « post-désastre ». Par le biais d’une documentation, d’expositions et d’explications en japonais et en anglais, le centre aide à diffuser les informations sur Ishinomaki et à partager d’importantes leçons en matière de préparations des urgences. Environ 18 000 personnes ont visité le centre durant l’année dernière.

Faire passer le message

Pour mettre en œuvre ses fonctions, l’ICIC ne dispose que d’un personnel de trois personnes, dont le directeur. Richard a été choisi pour ce rôle en reconnaissance de ses capacités de communication bilingue et de sa contribution à la communauté avant et après le séisme.

« Je ne suis pas un leader de nature, nous dit-il, mais un de mes amis m’a dit que c’était quelque chose que je pouvais faire pour Ishinomaki : servir comme une sorte d’amplificateur international pour la ville et s’assurer que les soutiens continuent à y affluer. »

Comme beaucoup de survivants du tsunami, Richard a commencé à reconsidérer son but dans la vie après le désastre.

« J’ai été épargné alors que mes amis ont péri et j’ai commencé à comprendre que j’avais le devoir de vivre en leur nom. Lorsque l’ICIC a ouvert, j’ai senti que c’était là mon objectif. Je peux transmettre le message et dire à tous que Ishinomaki est une communauté exceptionnelle, et le fait d’être bilingue m’aide à intervenir auprès d’un plus large public. Des gens du monde entier viennent ici pour voir ce qui se passe dans cette zone dévastée et pour apprendre du désastre. Lorsque quelqu’un me dit combien il lui a été utile d’entendre des explications cohérentes en anglais, je sens que ce que je fais est valable. »

Le centre-ville d’Ishinomaki le long des rives du fleuve Kitakami (février 2016).

  • [10.03.2016]
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