Les pandas au Japon : un boom rendu possible grâce à la Chine

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Les pandas géants vivant dans les zoos japonais sont tous « prêtés » par la Chine. Voyons un peu leur histoire depuis leur arrivée dans l’Archipel, et parlons un peu de Ei Mei, le plus vieux panda du monde qui continue à féconder !

Même les pandas nés au Japon sont renvoyés en Chine

Le parc zoologique d’Ueno, à Tokyo, a reçu ses premiers pandas en octobre 1972, en commémoration de la normalisation des relations diplomatiques entre le Japon et la Chine. L’arrivée du mâle Kang Kang et de la femelle Lan Lan déclenche alors un « panda boom » sans précédent au Japon. Après leur mort, la femelle Huan Huan et le mâle Fei Fei font leur entrée dans l’Archipel au début des années 1980, suivie par la naissance de la femelle Tong Tong en 1986 et du mâle You You en 1988.

Le mâle Ling Ling arrive à Tokyo en 1992. Il avait voyagé trois fois vers un zoo au Mexique qui avait pris part à un projet conjoint de fertilité et sa partenaire d’accouplement Shuan Shuan avait été également prétée au zoo d’Ueno. Mais Ling Ling meurt en 2008 sans laisser de descendance. Durant les trois années suivantes le zoo d’Ueno reste sans panda jusqu’à l’arrivée du mâle Ri Ri et de la femelle Shin Shin de Chine en 2011.

Une petite femelle nommée Xiang Xiang naît de leur union en 2017, déclenchant un nouveau panda boom au Zoo d’Ueno. Toutefois, comme le commerce international des pandas est interdit, tous ces animaux sont considérés comme des prêts de la Chine. Selon l’accord conclu entre les deux pays, tout panda né au Japon doit retourner en Chine dans les 24 mois après sa naissance. Si Xiang Xiang a obtenu la permission de rester plus longtemps que sa date de retour initiale en juin 2019, elle devra repartir vers la Chine à la fin mai 2021. Un projet pour la faire revenir à la fin 2020 a été reporté en raison de la pandémie de Covid-19.

Un « Big Daddy » au royaume des pandas

Le programme de reproduction des pandas à Adventure World, situé à Shirahama, dans la préfecture de Wakayama, s’est montré très efficace. Le mâle Ei Mei, né en 1992, s’est accouplé avec succès avec sa partenaire à une cadence d’environ une fois tous les deux ans depuis 2001. Il était arrivé au Japon à l’âge de deux ans. En 2020, il est papa pour la seizième fois, lorsque sa partenaire donne naissance à un petit mâle le 22 novembre. (Onze de ses descendants ont été renvoyés en Chine).

La première partenaire de Ei Mei n’a donné naissance à aucune descendance. La femelle Mei Mei, arrivée à Adventure World en 2000, après avoir été inséminée artificielllement en Chine, donne naissance à la femelle Rau Hin cette même année. Par la suite, Mei Mei est fécondée quatre fois par Ei Mei et donne naissance à six petits.

Une fécondation difficile entre pandas

Ei Mei a eu également des petits avec la fille de Mei Mei, Rau Hin (avec laquelle il n’a pas de lien du sang). La période pendant laquelle un panda peut se reproduire ne dure que deux semaines environ, quelque part entre mars et mai et, pour couronner le tout, la période pendant laquelle la femelle peut être fécondée n’est que de quelques jours. Ces facteurs rendent donc très difficile la reproduction naturelle par la femelle.

Toutefois, outre les capacités exceptionnelles de reproduction de Ei Mei et son affinité avec ses partenaires, une des raisons du succès obtenu semble être le confort des conditions de vie dont il a bénéficié, notamment un grand espace d’exercice. À propos, Ei Mei est actuellement âgé de 28 ans, ce qui fait de lui un senior d’environ 80 ans en années humaines. La naissance de son dernier petit est un record qui fait de lui le plus vieux panda du monde à se reproduire.

Rau Hin, mère d’une grande famille à Wakayama Adventure World, avec deux petits en mai 2015. (Jiji Press)
Rau Hin, mère d’une grande famille à Wakayama Adventure World, avec deux petits en mai 2015. (Jiji Press)

Un retour qui marquera la fin de l’aide après le désastre

Au Zoo Kobe Ôji, un couple de pandas, Kou Kou (mâle) et Tan Tan (femelle) sont arrivés de Chine en juillet 2000, et envoyés en vue d’aider la reconstruction de la ville après le Grand tremblement de terre de Hanshin-Awaji (ou séisme de Kobe). Lorsqu’on a découvert que Kou Kou était incapable de se reproduire, il a été renvoyé en Chine et un second panda mâle portant le même nom l’a remplacé. Tan Tan a mis bas deux fois, mais un des petits était mort-né et l’autre est mort peu de temps après sa naissance, et elle n’a donc pas laissé de descendance.

L’accord initial prévoyait que les pandas resteraient à Kobe jusqu’en 2010 mais, après la mort du second Kou Kou cette année-là, il a été décidé que Tan Tan pourrait rester plus longtemps. Récemment, la partie chinoise a décidé de la faire revenir en Chine au motif qu’il serait préférable pour elle de passer ses derniers jours dans un environnement naturel satisfaisant, mais la date de son départ n’est pas encore fixée.

(Photo de titre : les occasions de voir Xiang Xiang ont été limitées en raison de la fermeture du Zoo d’Ueno pendant quatre mois, de février à juin du fait de la pandémie de Covid-19. Jiji Press)

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