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Les sommets historiques entre les leaders du Japon et des États-Unis

Politique International

Alors qu’un sommet se déroule le 19 mars entre la Première ministre japonaise Takaichi Sanae et le président américain Donald Trump, penchons-nous sur les grandes rencontres entre les dirigeants des deux pays depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Négocier une révision du Traité de sécurité nippo-américain

Juin 1957 : le Premier ministre Kishi Nobusuke et le président Dwight D. Eisenhower (Washington)

Face au mécontentement croissant suscité par le Traité de sécurité signé entre les deux pays en 1951, Kishi Nobusuke se rendit à Washington pour s’entretenir avec Dwight D. Eisenhower. À l’issue de ce sommet, les deux dirigeants signèrent une déclaration commune prévoyant la création d’un comité chargé de réviser le traité et de réduire sensiblement le nombre de soldats américains stationnés au Japon. Le traité révisé fut finalement signé le 19 janvier 1960.

Un accord nucléaire signé en secret pour la rétrocession d’Okinawa

Novembre 1969 : le Premier ministre Satô Eisaku et le président Richard Nixon (Washington)

Satô Eisaku, entré en fonction en novembre 1964, mena une campagne acharnée en faveur de la restitution d’Okinawa, soulevant la question auprès du président américain Lyndon B. Johnson en janvier 1965 et devenant, en août de la même année, le premier Premier ministre japonais de l’après-guerre à se rendre dans la région. Lors de leur rencontre en novembre 1969, Satô et Nixon signèrent un accord secret autorisant le retour d’armes nucléaires au Japon en cas d’urgence.

Le 21 novembre, les deux dirigeants publièrent une déclaration commune annonçant qu’Okinawa reviendrait sous la souveraineté du Japon d’ici 1972, sans armes nucléaires, à l’image du Japon continental.

La destinée commune de Ron et Yasu

Janvier puis novembre 1983 : le Premier ministre Nakasone Yasuhiro et le président Ronald Reagan (Washington, puis Tokyo)

Après son arrivée au pouvoir en novembre 1982, Nakasone Yasuhiro s’attacha à rétablir les relations entre le Japon et les États-Unis, mises à mal par des différends en matière de défense et de commerce. Le Japon avait accumulé un important excédent commercial grâce à ses exportations vers les États-Unis, qui souhaitaient que leur allié stimule la demande intérieure et ouvre davantage ses marchés. Lors de sa visite à Washington, en janvier, Nakasone déclara que les deux pays partageaient une « destinée commune ».

Lorsque Ronald Reagan se rendit au Japon en novembre, Nakasone invita le président américain et son épouse dans sa villa de montagne à l’ouest de Tokyo, où les deux dirigeants nouèrent une relation étroite, allant jusqu’à s’appeler mutuellement « Ron » et « Yasu ». Nakasone engagea ensuite une série de réformes, notamment la privatisation des chemins de fer nationaux.

Le président Reagan et le  Premier ministre Nakasone à Tokyo, le 10 novembre 1983. (© Jiji)
Le président Reagan et le Premier ministre Nakasone à Tokyo, le 10 novembre 1983. (© Jiji)

L’engagement des Forces d’autodéfense japonaises dans la guerre de la terreur

Juin 2001 : le Premier ministre Koizumi Junichirô et le président George W. Bush (Washington)

Koizumi Junichirô et George W. Bush se sont rencontrés pour la première fois à Camp David, près de Washington, en juin 2001, après être tous deux arrivés au pouvoir plus tôt dans l’année. Partageant une passion pour le baseball, ils ont rapidement noué une relation personnelle étroite. Après les attaques du 11 septembre de la même année, Koizumi a dépêché des navires des Forces maritimes japonaises d’autodéfense dans l’océan Indien afin de soutenir la guerre contre le terrorisme. Des troupes japonaises ont également joué un rôle limité dans la guerre en Irak à partir de 2004.

Lors de la visite de Koizumi en 2006, les deux dirigeants sont montés à bord de l’Air Force One pour se rendre à Graceland, la demeure d’Elvis Presley à Memphis, dans le Tennessee, aux États-Unis, pour une visite restée célèbre.

Une reconciliation symbolique

Mai 2016 : le Premier ministre Abe Shinzô et le président Barack Obama (Hiroshima)

Barack Obama, lauréat du prix Nobel de la paix en 2009 notamment pour sa vision d’un monde sans armes nucléaires, s’est rendu au Parc mémorial de la paix de Hiroshima en compagnie d’Abe Shinzô le 27 mai 2016. Les deux dirigeants y ont déposé des fleurs et ont brièvement visité le Musée de Hiroshima pour la paix.

En décembre de la même année, lors d’un déplacement à Hawaii, Abe s’est rendu au Centre de visite de Pearl Harbor ainsi qu’au Mémorial USS Arizona, environ 75 ans après l’attaque sur Pearl Harbor.

La diplomatie du golf

Février 2017 : le Premier ministre Abe Shinzô et le président Donald Trump (Washington)

Peu après son entrée en fonction à la Maison Blanche, Abe Shinzô a rencontré Donald Trump le 10 février pour des entretiens. Le dirigeant américain avait exprimé son mécontentement à l’égard de l’alliance entre le Japon et les États-Unis, mais le communiqué conjoint a clairement réaffirmé l’engagement de son pays à défendre l’Archipel, y compris l’application du Traité de coopération mutuelle et de sécurité entre les États-Unis et le Japon aux îles Senkaku.

À l’issue du sommet, les deux dirigeants ont joué au golf à Palm Beach, en Floride. Cette rencontre est ensuite devenue une tradition, donnant lieu à cinq parties de « diplomatie du golf » au total.

Le Premier ministre Abe serrant la main du président Trump lors d'un sommet à New York le 26 septembre 2018. (© AFP/Jiji)
Le Premier ministre Abe serrant la main du président Trump lors d’un sommet à New York le 26 septembre 2018. (© AFP/Jiji)

Union contre la Chine

Avril 2021 : le Premier ministre Suga Yoshihide et le président Joe Biden (Washington)

Suga Yoshihide a été le premier dirigeant étranger à se rendre aux États-Unis après l’entrée en fonction de l’administration de Joe Biden, en janvier. Ce sommet a mis en lumière le rôle désormais central de la rivalité avec la Chine dans la diplomatie américaine. Dans leur déclaration conjointe, les deux dirigeants ont exprimé leur volonté de « s’opposer à toute tentative unilatérale de modifier le statu quo en mer de Chine orientale » et ont dénoncé « les revendications et les activités maritimes illégales de la Chine en mer de Chine méridionale ». Les États-Unis ont également « réaffirmé leur engagement sans faille en faveur de la défense du Japon ».

En août 2023, le Premier ministre Kishida Fumio et le président sud-coréen Yoon Suk-yeol ont participé à un sommet trilatéral avec Joe Biden, organisé à Camp David.

Le Premier ministre Suga et le président Biden lors d'une conférence de presse apèrs leur sommet à Washington le 16 avril 2021. (© AFP/Jiji)
Le Premier ministre Suga et le président Biden lors d’une conférence de presse apèrs leur sommet à Washington le 16 avril 2021. (© AFP/Jiji)

Données utilisées

(Photo de titre : la une du Washington Post du 1er juillet 2006, affichant une photographie du Premier ministre Koizumi Junichirô imitant Elvis Presley. © Jiji)

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