Le guide pour se préparer aux catastrophes naturelles au Japon
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Rester en sécurité
En 2025, le Japon a accueilli plus de 42 millions de visiteurs étrangers, un record. Si le pays est réputé pour ses paysages saisonniers et sa sécurité, il est également exposé à des catastrophes naturelles, allant des typhons et fortes chutes de neige perturbant chaque année les transports à des séismes majeurs pouvant entraîner des pertes humaines. Nous avons discuté avec Tamura Tarô, spécialiste de la gestion des catastrophes et des mesures de préparation, afin de fournir des informations utiles aux visiteurs en cas d’urgence pendant leur séjour.

En cas de conditions météorologiques extrêmes, comme lors des typhons, les interruptions des transports publics sont fréquentes. Lors d’une catastrophe, les gares, aéroports et lieux d’hébergement peuvent mettre à disposition des espaces d’attente. (Pixta)
Avant d’arriver au Japon
□ Souscrire une assurance voyage
Les visiteurs nécessitant des soins médicaux au Japon doivent généralement les régler eux-mêmes, il est donc recommandé de disposer d’une assurance voyage.
□ S’informer sur la prévention des catastrophes
Il est conseillé de se familiariser avec les catastrophes les plus courantes via des sites multilingues d’organismes officiels.

Le site Tokyo Intercultural Portal propose notamment une section intitulée Understanding Natural Disasters, avec des liens vers d’autres ressources utiles.
S’informer en cas de catastrophe
□ L’application Safety Tips
L’application multilingue Safety Tips, supervisée par l’Agence japonaise du tourisme, fournit des alertes concernant les séismes et autres catastrophes, ainsi que des informations d’évacuation. Il est recommandé de la télécharger gratuitement à l’avance.
□ Actualités
Le site et l’application NHK World (chaîne du diffuseur public NHK) permettent de suivre l’actualité japonaise, y compris les informations liées aux catastrophes. Les contenus audio sont disponibles en anglais et les textes sont en plusieurs langues.
□ Ligne d’assistance pour les visiteurs
L’Organisation nationale du tourisme japonais (JNTO) met à disposition une ligne d’assistance accessible 24 heures sur 24 toute l’année, avec un support en japonais, anglais, chinois et coréen. 050-3816-2787

Affiche de promotion de la « Japan Visitor Hotline »
Que faire en cas de catastrophe
□ Obtenir une aide d’urgence
En cas de blessure ou si vous êtes coincé dans un bâtiment, composez immédiatement le 119, numéro gratuit permettant de joindre les services d’incendie et d’ambulance. Ils interviennent pour toute personne en difficulté.

Si vous ne pouvez pas utiliser de téléphone portable, cherchez un téléphone public. Aucun paiement n’est requis pour les appels d’urgence. (Pixta)
□ Contacter son ambassade ou son consulat
Les ambassades et consulats peuvent aider à trouver des établissements médicaux ou à contacter la famille et les compagnies d’assurance.
□ Confirmer sa sécurité
Lors d’une catastrophe, si les réseaux mobiles sont saturés, il est possible d’appeler le 171 pour utiliser le service de messagerie d’urgence « Disaster Emergency Message Dial » afin d’enregistrer ou d’écouter des messages. Le menu vocal est uniquement en japonais, mais des instructions en anglais sont disponibles en ligne. Le système Web171 est accessible en anglais, en chinois et en coréen.
□ Évacuer vers un lieu sûr
Zones d’évacuation (hinan basho) : des espaces permettant de s’éloigner des dangers immédiats (incendies, effondrement de bâtiments), souvent situés dans des parcs ou des terrains de sport. Dans les zones proches de la mer ou des rivières, en cas de risque de tsunami, il faut immédiatement rejoindre un point en hauteur, ou les étages supérieurs de bâtiments solides.
Centres d’évacuation (hinanjo) : lieux d’hébergement pour les personnes ne pouvant rester chez elles ou rencontrant des difficultés à se déplacer après une catastrophe. Il s’agit généralement d’équipements publics comme des écoles ou gymnases. Eau, nourriture, couvertures et autres produits essentiels y sont fournis gratuitement.

Pictogrammes indiquant différents types de lieux d’évacuation intérieurs et extérieurs. (Pixta)
Les informations télévisées sur les catastrophes sont majoritairement en japonais, mais des QR codes peuvent permettre d’accéder à des sites multilingues. En cas d’alerte, il est recommandé de ne pas sortir.
Le code couleur est également utile pour les personnes ne comprenant pas le japonais. Les alertes sismiques et de tsunami affichent des cartes où les zones en violet ou rouge indiquent une évacuation immédiate. Le vert, associé à la sécurité, est utilisé pour signaler les sorties de secours et les zones d’évacuation. Ces dernières années, des normes internationales de couleurs se sont généralisées pour les situations d’urgence, à l’image de celles utilisées pour les feux de circulation.

L’intensité des secousses est indiquée sur des cartes avec des chiffres et des couleurs correspondant au niveau de danger. (Photo à titre illustratif, Pixta)

Le vert indique un itinéraire vers une zone sûre. (Pixta)

Le rouge est utilisé pour signaler le danger ou les équipements liés à la lutte contre l’incendie. (Pixta)
Les initiatives officielles en faveur des résidents étrangers ont progressé. Par exemple, lors de catastrophes, les collectivités locales mettent en place des centres d’assistance multilingues, accessibles par téléphone et en ligne. Toutefois, ces structures n’étant pas permanentes, il est nécessaire de rechercher leurs coordonnées au moment voulu.

Centre de soutien multilingue mis en place après les séismes de Kumamoto. Photo prise le 23 avril 2016. (Avec l’aimable autorisation de l’ONG Tabumane, Jiji)
Différences culturelles
De nombreuses organisations publiques proposent désormais des informations et outils de prévention des catastrophes multilingues. « Les applications de traduction sont devenues courantes sur les smartphones, réduisant la barrière linguistique », souligne Tamura Tarô, directeur de l’Institute for Human Diversity Japan. « Il est possible de trouver des informations ou de demander de l’aide à une IA. En réalité, en dehors de l’eau et de la nourriture, les ressources les plus demandées dans les centres d’évacuation ces dernières années sont l’électricité et le Wi-Fi. »
Tamura travaillait dans un magasin de location de vidéos destiné à une clientèle étrangère le 17 janvier 1995, lorsque le séisme de Kobe (aussi appelé Hanshin-Awaji) s’est produit. Avec d’autres bénévoles, il a alors mis en place une ligne d’assistance multilingue ouverte 24 heures sur 24 pour les personnes isolées et privées d’informations. Cette expérience le conduit à œuvrer pour une société plus inclusive et à participer aux secours après le Grand tremblement de terre de l’Est du Japon du 11 mars 2011, ainsi que lors des séismes de Kumamoto en 2016 et de la péninsule de Noto en 2024.

Tamura Tarô (deuxième à partir de la gauche) au centre d’information sismique pour étrangers, qu’il a contribué à créer en 1995. À l’époque, peu de personnes disposaient de téléphones portables ou d’un accès à Internet, et le numéro du centre était diffusé via des tracts, la presse et la radio. (© Institute for Human Diversity Japan)
Au cours des trente dernières années, les progrès technologiques et institutionnels ont renforcé la préparation aux catastrophes, notamment grâce à la généralisation des smartphones et à l’amélioration des normes de construction antisismique. Toutefois, si le nombre de résidents étrangers a triplé et celui des visiteurs internationaux a été multiplié par douze, les dispositifs d’évacuation qui leur sont destinés restent insuffisants. « Il faut expliquer les risques liés aux séismes et aux typhons à des personnes originaires de pays qui n’en connaissent pas, ainsi que les procédures d’évacuation, et les différences culturelles constituent un obstacle », souligne Tamura.

Centre d’évacuation à Kanazawa le 11 janvier 2024 après le séisme de Noto. (Jiji)
Au Japon, les exercices d’évacuation portent principalement sur les tremblements de terre et les incendies, alors que dans de nombreux pays, ils sont plutôt associés au terrorisme ou à la guerre. Par ailleurs, dans certains pays, les dispositifs d’évacuation consistent à installer des tentes en extérieur, tandis qu’au Japon, il est courant de dormir à l’intérieur, par exemple dans des gymnases scolaires.
« Dans les pays où l’architecture en pierre est dominante, de nombreux bâtiments s’effondrent lors des séismes, et certaines personnes considèrent que les bâtiments publics comme les écoles sont instables et dangereux », explique Tamura. « Lors des séismes de Kumamoto, certaines personnes ont préféré se réfugier dans un parc par crainte d’un effondrement, et ont été signalées à la police comme des étrangers en train d’errer. »
Les centres d’évacuation sont accessibles à tous, quelle que soit la nationalité, mais certains étrangers hésitent à s’y rendre. Du côté japonais, le manque d’habitude de contact avec des personnes venues d’autres pays peut entraîner des incompréhensions ou des préjugés, rendant même les échanges difficiles. Tamura souligne l’importance de surmonter ces barrières psychologiques.

Après le séisme de 2018 à Osaka, un employé municipal explique la distribution de nourriture halal dans un centre d’évacuation installé dans une école primaire à Minô, où la majorité des personnes présentes étaient étrangères. Photo prise le 20 juin 2018. (Jiji)
Les centres d’évacuation distribuent généralement les mêmes produits à tous, et il est rare que des aliments d’urgence répondent aux besoins spécifiques des étrangers. C’est dans ce contexte que les initiatives d’entraide des communautés étrangères jouent un rôle essentiel. Après les séismes de Kumamoto et de Noto, la communauté musulmane au Japon s’est rapidement mobilisée, distribuant des repas halal aux sinistrés musulmans et proposant également du curry aux habitants japonais.

Des bénévoles étrangers distribuent de la nourriture le 5 janvier 2024 suite au séisme de Noto. (Reuters)
Avec le vieillissement des communautés locales à travers le Japon, Tamura espère que les résidents étrangers pourront jouer un rôle accru dans le soutien aux populations locales. Il recommande de participer aux exercices de prévention, aux brigades locales de pompiers volontaires et aux festivals. « Les festivals incluent des activités comme porter, tirer ou arroser de l’eau, qui peuvent aussi être utiles en situation de catastrophe », explique-t-il, soulignant que cet engagement contribue également à dynamiser la vie locale.
Si le Japon parvient à proposer des informations multilingues et à intégrer des perspectives étrangères dans sa gestion des catastrophes, il pourrait devenir un modèle en la matière.

Le département des pompiers de Tokyo organise régulièrement des sessions de formation à la prévention des catastrophes destinées aux résidents étrangers. Photo prise le 28 janvier 2020. (© Zuma Press Wire via Reuters Connect)
(Texte de Nippon.com. Photo de titre : Pixta)
