Une activité dangereuse

Il existe deux types d’ama. Les kachido, qui vont à pied jusqu’au bord de l’eau et rejoignent leur lieu de pêche à la nage ou en groupe à bord d’une barque. Et les funado, qui opèrent à partir d’un bateau le plus souvent piloté par leur mari. Si les ama n’ont pas hésité à remplacer leur vêtement traditionnel en coton par une combinaison de plongée intégrale, elles refusent toujours d’utiliser les bouteilles qui leur permettraient de rester beaucoup plus longtemps sous la surface de l’eau. Elles disent que pour elles, c’est une question de respect des traditions, et que passer seulement un temps limité au fond contribue à éviter la surpêche.

La plongée en apnée, même de courte durée, reste une activité dangereuse. Les femmes dessinent sur la coiffe de leur tenue des motifs traditionnels censés les protéger et leur permettre de rejoindre le rivage en toute sécurité. Elles se rendent aussi régulièrement au sanctuaire shintô de Shinmei, au sommet d’une petite colline qui domine le village d’Ôsatsu. Le pavillon principal (honden) se trouve au-delà d’un vieux portique (torii) usé par le temps. Le lieu où les ama vont se recueillir est sur la droite. C’est là qu’elles vénèrent une divinité appelée Ishigami-san. Elles déposent des offrandes à son intention sous forme de saké et de gâteaux de riz sur un autel encadré par deux lanternes. En tirant sur une corde tressée, rouge et blanche, elles actionnent un petit gong dont le son est supposé attirer l’attention du dieu sur leurs prières.

La divinité Ishigami-san est vénérée dans l’enceinte du sanctuaire shintô de Shinmei, à Ôsatsu. La légende voudrait que chaque femme voie un de ses vœux exaucé par Ishigami-san, une fois dans sa vie.