Le secret de la réussite : une consistance et une forme idéales

Les robots de Lawson ont été conçus pour donner aux sushi une forme idéale. Un sushi digne de ce nom doit être légèrement incurvé comme la partie en papier d’un éventail déplié. Les robots de Lawson sont capables de fabriquer un produit qui a l’air d’avoir été préparé par un spécialiste, contrairement à la plupart des autres sushi bon marché, dont la base est cylindrique.

La base constituée de riz des sushi de Lawson est légèrement incurvée, comme celle des sushi que l’on sert dans les bons restaurants. Cette forme, considérée comme idéale est censée contribuer à donner une consistance parfaite aux sushi.

Grâce à la technique du kotegaeshi et à la forme légèrement incurvée de la base (shari) du sushi, les grains de riz se dispersent facilement dans la bouche, sans qu’il soit nécessaire de beaucoup mâcher. Qui plus est, cela permet de donner au shari une surface suffisamment compacte pour que le riz se dessèche le moins possible. Autrement dit, le succès des sushi de Lawson tient à leur consistance et à leur forme.

« La tâche n’a pas été facile pour le fabricant de robots, parce qu’il a dû concevoir des moules de métal entièrement nouveaux », précise M. Matsumoto. Et si les sushi de Lawson sont d’aussi bonne qualité, c’est précisément parce que la chaîne de superettes a réussi à surmonter cette difficulté.

L’importance de la cible dans le développement d’un produit

Les chaînes de superettes livrent depuis toujours une guerre incessante à leurs concurrents. C’est ainsi que, depuis quelques années, elles ont amélioré la qualité des sucreries qu’elles proposent. En voulant damer le pion aux confiseries, elles ont fini par vendre des produits dont la qualité semble presque surprenante pour des superettes. Les gâteaux roulés et les tartes au fromage en vente dans ce type de commerce sont tout à fait emblématiques à cet égard.

D’après Matsumoto Shigeru, les sushi de superettes ont un rôle bien particulier à jouer. « Il n’y a pas beaucoup de produits que les gens ont envie de manger le soir. Nous voulons faire de nos sushi un des plats préférés de nos clients les plus tardifs. » Les gens qui rentrent chez eux tard le soir, après une longue journée de travail, sont prêts à dépenser 500 à 600 yens pour un aliment qui soit à leur goût. Quand on s’est fixé un objectif, le secret du succès réside dans l’attention que l’on porte aux détails.

La leçon que l’on peut tirer de la réussite de Lawson, c’est que la qualité du produit fini dépend beaucoup de l’objectif qu’on s’est fixé au départ. Qu’est-ce qui fait la différence entre un sushi préparé par un véritable spécialiste et un autre sorti des mains d’un amateur ? C’est en se posant ce type de question et en étudiant de très près les problèmes de consistance et de forme que Lawson a réussi à créer des sushi qui n’ont rien à voir avec ceux des autres chaînes de superettes. Quand on veut mettre au point un produit, il ne faut jamais oublier l’objectif qu’on s’est donné et ce, quel que soit le domaine concerné.

(Texte et photographies : Kitamura Mori)