2e couple : Mari et Abdul (Osaka)
Mari (44 ans) travaille pour la Nippon Halal Association, une association à but non lucratif située dans l’arrondissement de Hirano à Osaka. Le 1er janvier 2014, elle s’est mariée à Abdul Rahman Khadija, de nationalité indonésienne et de plus de 20 ans son cadet. C’est en Indonésie, au cours de l’été 2012, qu’elle a rencontré Abdul, travaillant dans l’hôtel où elle séjournait. Plus tard, quand ils se sont mis en couple, Mari lui a parlé de sa volonté de se convertir à l’islam. La réponse d’Abdul a été simple et rassurante : « Tout ce que tu as à faire, c’est croire en Allah. »
« Se convertir n’a rien de compliqué : pour quelqu’un qui vivait auparavant une vie normale, cela revient simplement à avoir quelque chose de nouveau en quoi croire, explique Mari. En réalité, cette nouvelle foi m’a grandement apaisée. Tous les petits tracas de la vie quotidienne me sont apparus comme la grâce de Dieu. »
« Le hijab te va très bien »
Il va sans dire que Mari était inquiète à l’idée de se convertir. Le couple s’était rendu par le passé au village natal d’Abdul. Ne connaissant pas les coutumes religieuses locales, Mari ne savait pas comment se comporter. C’est alors qu’Abdul l’a rassurée : « Ne t’efforce pas de suivre toutes ces règles. » Peu après leur mariage, Mari a porté pour la première fois un hijab, de couleur bleu clair. Abdul, quelque peu amusé, lui a dit : « Tu n’as pas besoin de le porter, ça ne te va pas du tout. » Mais récemment, trois ans après sa conversion, son mari commence à lui dire que le hijab lui va très bien. Mari ressent que le regard de son mari commence à changer, qu’il la considère de plus en plus comme une musulmane.
La place de l’islam au Japon
Un collègue de travail d’Abdul lui a dit un jour : « Tu es venu au Japon, mais ta religion n’a rien à voir avec ce pays. » Peut-être qu’il n’avait pas une compréhension suffisante de l’islam. Ou peut-être voulait-il lui faire savoir que cette manière de penser était nécessaire pour vivre dans un pays qui ne connaît que très peu cette religion.
La nourriture pose le plus grand problème à Ali. Quand on lui propose un plat qu’il ne peut pas manger, il prétexte des maux de ventre afin de ne pas être impoli en refusant. Acheter un déjeuner au supermarché est tout aussi problématique car il ne peut pas lire les ingrédients contenus dans les plats.
« Afin de s’adapter à la vie japonaise, mon mari fait beaucoup d’efforts, confie Mari. Je peux le soutenir en faisant en sorte qu’il ne commette pas de péchés quand on est ensemble. Il ne nous arrive jamais de manger un plat sans vérifier les ingrédients. »
« Mon mari s’est adapté à la société japonaise et en retour, je voudrais qu’elle lui permette de vivre sans contrainte. À l’époque où Abdul avait emménagé au Japon et que l’État islamique (EI) apparaissait régulièrement dans les nouvelles, il s’inquiétait que les Japonais se fassent une image erronée de l’islam. »
« Tout comme mon mari, les musulmans sont des personnes qui savent pardonner. C’est pourquoi je me suis dit que si je rencontrais quelqu’un au Japon qui faisait l’amalgame entre l’EI et l’islam, je lui expliquerais clairement la différence. »


