Sarrah pense que les hommes musulmans sont très respectueux envers les femmes. Elle ressent que son père prend très grand soin d'elle. Pour cela, il lui a expliqué qu’il fallait qu’elle reste à la maison.

« Je comprends les sentiments de mon père et son attention envers moi, mais l'idée de garder les femmes à la maison n'est pas compatible avec la société japonaise d'aujourd'hui. Je viens juste de commencer ma carrière professionnelle et il m’est impossible de rester à la maison ou de porter le hijab. Je ne peux plus répondre aux attentes de mon père. »

Le jour où Sarrah se mariera

Un jour, Sarrah rencontrera peut-être l’homme qui deviendra son mari. Et il y a très peu de probabilité qu'il sera musulman. Au Japon, les mariages n'ont pas de connotation religieuse, même si les cérémonies sont souvent célébrées dans un style chrétien ou shintô (voir notre article sur le mariage au Japon). Que fera son père dans ce cas-là ?

Ali fronce les sourcils : « C'est une question délicate. Je me suis moi-même marié contre l'avis de mes parents donc je suis prêt à tout. Mais pour le moment, c’est une chose à laquelle je ne veux pas penser. »

Ali priant à la maison.

Sarrah, quant à elle, confie à un moment où son père n'est pas là : « Depuis longtemps, je ne veux pas me marier car je ne veux pas causer d’ennuis à mon père. Il y a toujours des éléments religieux dans une cérémonie de mariage. Mais si la famille de mon époux veut en organiser une, je ne saurais pas quoi faire... »

Bien que père et fille ne s’entendent pas toujours sur les questions religieuses, leur relation semble suffisamment forte pour surmonter les épreuves à venir.

(Article du 26 mars 2018 écrit à l’origine en japonais. Texte : Yamaguchi Kazuomi, POWER NEWS. Photos : Imamura Takuma. Photo de titre : la photo d’Ali et de Sarrah en kimono lors de la cérémonie d’entrée à la majorité.)