Le divorce n’est plus tabou

Au Japon, le divorce n’est plus stigmatisé comme il l’a été jadis, et il peut même être considéré comme un avantage. « Beaucoup de parents d’enfants adultes continuent de se faire une image négative des personnes divorcées » explique Mme Uekusa. « Mais dans les jeunes générations, il y a des gens qui considèrent une personne divorcée comme plus expérimentée et mieux armée pour affronter la vie qu’une personne qui se marie pour la première fois. Ayant fait l’expérience de la vie maritale, les divorcés sont supposés avoir davantage de ressources et une approche plus souple de la vie. »

Cela tient au fait, dit-elle, que les gens qui se marient pour la première fois ont une vision irréaliste du mariage. Alors qu’une personne ayant divorcé a tiré les leçons de l’expérience et sera probablement plus réaliste dans le choix des conditions qu’un partenaire doit remplir… De ce fait, pour beaucoup de divorcés qui viennent à l’agence, le délai entre le début de leur recherche d’un partenaire et leur mariage est comparativement plus court.

La situation est toutefois plus difficile pour les divorcés qui ont des enfants. « Les obstacles sont moins infranchissables que jadis, mais ils persistent », explique Mme Uekusa. « J’ai participé à plusieurs mariages où une personne apportait un enfant dans la relation. Les hommes japonais peuvent être pointilleux en ce qui concerne les liens de parenté et nombre d’entre eux annoncent d’emblée qu’ils veulent un enfant dont ils soient le père. Mais cette exigence peut s’avérer difficile à satisfaire à mesure que les gens se marient plus tard, et il n’est pas rare que les couples ne procréent pas après le mariage, sans que ce soit nécessairement lié au fait qu’un des partenaires avait déjà des enfants. Je recommande aux couples qui ont du mal à enfanter à réfléchir à la possibilité de l’adoption. Néanmoins, seule une personne, une Américaine au milieu de la quarantaine, a dit qu’elle adopterait volontiers un enfant, à condition que son futur partenaire soit d’accord.

Une période difficile et peu propice aux perspectives de mariage

Les inquiétudes des clients venant à l’agence « Marry Me » recouvrent plusieurs sujets comme la contribution de chacun des partenaires aux dépenses mensuelles courantes, la répartition des tâches ménagères, ou le moment opportun pour avoir un enfant. Si elles ne sont pas prises en considération, de telles questions peuvent déboucher plus tard sur des querelles, et Mme Uekusa recommande que les couples aient une discussion approfondie sur ces sujets avant le mariage. Le recours à une agence matrimoniale comme « Marry Me », qui offre toute la gamme des services, a, entre autres avantages, celui de garantir que les partenaires potentiels peuvent se reposer sur une organisation faisant office de médiateur lorsqu’apparaissent des problèmes dont il est difficile de parler en tête à tête.

D’après Mme Uekusa, son agence contribue chaque année à la formation de 100 à 150 couples. « L’effondrement de la bulle économique japonaise dans les années 1990 et la crise financière mondiale de 2008 ont modifié la société et les modes de comportement individuels », constate Mme Uekusa. « Mais on se trouve devant une situation où les parents continuent d’attendre de leurs enfants qu’ils adhèrent aux points de vue traditionnels sur les partenaires de mariage. La génération actuelle rencontre bien des difficultés, que ce soit dans la vie professionnelle ou dans les perspectives de mariage. »

Pourquoi se marier ? Qu’est-ce que les gens recherchent dans le mariage ? Pour freiner la hausse du nombre des célibataires, ce sont ces deux questions qu’il faut revoir fondamentalement.

(Article publié à l’origine en japonais du 25 septembre 2018. Reportage et texte : Anraku Yukiko, Power News. Photo de bannière © Fast & Slow/Pixta)