Et si le courant ne passe pas : au suivant !
Un autre homme (31 ans) qui s’est marié grâce à l’application, raconte :
« Je travaille dans un bureau à majorité féminine, mais c’est justement pour cela que j’ai préféré utiliser Internet. Les romances au bureau sont surtout synonymes de beaucoup de problèmes. Je voulais faire des rencontres qui n’aient aucun rapport avec mon travail. J’ai participé à des gôkon (group dating) et des machikon (group dating organisé par un quartier entier), mais premièrement, le nombre de personnes que vous pouvez rencontrer par ces canaux est limité, et dans les rencontres organisées par des amis, il y a finalement toujours un peu de gêne. Sur l’appli, le nombre d’utilisateurs est important, et grâce aux communautés, vous pouvez réduire le nombre de partenaires potentiels avec un plus grand taux de chance. Et ça ne se limite pas aux communautés de goûts. Par exemple, je pouvais déjà éliminer toutes les femmes qui participaient à la communauté "J’aime les hommes grands"… »
L’homme a échangé des messages avec près de 40 femmes différentes, et en a rencontré plus d’une quinzaine. Sur celles-ci, trois ont abouti à une relation concrète, dont l’une est devenue son épouse. À l’inverse du mari, son épouse (30 ans) s’était inscrite sur le site parce qu’il n’y avait pas d’occasion de rencontrer des hommes dans son environnement professionnel.
« J’ai participé à divers gôkon et machikon pendant un an, dit-elle, mais je n’ai rien trouvé, et je ne voulais plus perdre de temps car je voulais me marier avant mes 30 ans. Au début, j’avais assez peur de m’inscrire sur un service de matching, mais comme une amie l’avait fait, je m’y suis mise aussi, comme un moyen de me mettre en couple. »
Elle a fait la connaissance de son futur époux un mois après son inscription. Leur relation a commencé au bout de la troisième sortie ensemble.
« J’ai fait les choses vite et bien. C’est moi qui ai envoyé le premier like », dit-elle. « J’ai fait exprès de ne pas mettre de trop jolies photos de moi, parce que je n’avais pas envie de me faire remballer avec des commentaires comme "Finalement, elle n’était pas comme sur la photo". Et puis, si vous avez beaucoup de like, il faut choisir devant une montagne de candidats, ça devient compliqué. J’ai éliminé tous les hommes qui me demandent trop rapidement "On se voit ?" Concernant mon mari, j’ai d’abord vérifié qu’il était honnête en échangeant par message avec lui pendant un mois. »
Un mois après avoir entamé leur relation, en avril 2017, ils ont commencé une vie commune en vue de se marier à terme. En juillet, l’homme lui a fait sa demande officielle, et ils se sont unis en janvier 2018. Comme le couple précédent, ce fut donc un mariage rapide, en un an environ, car chacun avait le même objectif de s’unir. Les étapes se sont donc succédé en bon ordre.
« Je suis du genre à rentrer dans ma coquille quand les gens s’excitent autour de moi, alors je pense que si nous nous étions rencontrés dans un gôkon, il ne m’aurait même pas remarquée. C’est l’avantage de l’application : c’est du un contre un, se mettre en valeur est plus facile. Et si le courant ne passe pas, on arrête les messages et c’est tout. Nous ne nous connaissions pas avant, alors il n’y a pas à se sentir coupable », ajoute-t-elle.
Deux personnes qui n’auraient jamais eu la moindre chance de se rencontrer se marient. Leur Cupidon ? Une application de matching. Certes, tout le monde ne trouve pas un partenaire idéal par ce service. Certains de leurs amis ne se sont pas sentis à l’aise avec ce genre de système, et en ont cherché un autre, ou sont passés par une agence matrimoniale classique. Pour avoir une chance de trouver l’âme sœur par cette application, il faut d’abord maîtriser Internet, savoir communiquer de façon méticuleuse avec plusieurs personnes différentes en même temps, posséder des capacités de communications. Mais l’essentiel est d’avoir une forte volonté de choisir activement un futur époux ou une future épouse.
(Reportage et texte : Anraku Yukiko, Power News. Photo de titre : Fast & Slow/Pixta)