Décalage entre la stratégie et les capacités de gestion

Le déclin de Sony soulève plusieurs questions, notamment celle du décalage entre la stratégie recherchée et les capacités de gestion, ou encore l’ambiguïté de la responsabilité managériale. Ces problèmes affectent les autres fabricants japonais.

Le « choc Sony » avait mis en évidence la nécessité de reconstruire la division électronique et de réaliser une intégration lisse des matériels et des contenus. C’était ce que signifiait le slogan Digital Dream Kids, l’objectif d’un Sony United. Mais ni M. Idei, ni M. Stringer (ni même le nouveau PDG de Sony, M. Hirai) n’étaient des ingénieurs.

Cette splendide vision n’aurait-elle pas été proclamée alors que manquaient l’enthousiasme pour la technologie, indispensable pour la réaliser, et l’audace nécessaires pour prendre les inévitables risques ? La lecture de la biographie de Steve Jobs conduit à la conclusion que pour arriver à créer ce genre d’intégration, il faut savoir se soucier du plus petit détail pour garantir que tous les éléments fonctionnent parfaitement ensemble.

Au moment de changer de paradigmes technologiques, un dirigeant capable de faire preuve d’une obstination implacable pour les détails des nouveaux équipements et leur mise en réseau vaut mieux qu’une personne sachant formuler de magnifiques slogans et des discours impressionnants. Il existe malheureusement dans les entreprises japonaises du secteur de l’électronique un grand décalage entre la stratégie d’entreprise nécessaire et les capacités managériales.