Une entreprise qui recrute activement des Birmans

En 2015, le nombre d’étrangers étudiant dans les universités japonaises a franchi pour la première fois la barre des  200 000. Plus de 90 % viennent d’Asie, et près de la moitié sont Chinois. Ces derniers temps, les Birmans sont aussi nombreux.

Alps Giken (Altech Corporation), une société fondée en 1968 à Yokohama, se spécialise dans le placement d’ingénieurs et recrute activement des ressortissants du Myanmar. Il ne s’agit pas d’un simple bureau de placement. Altech emploie des ingénieurs hautement qualifiés en tant que ses propres salariés pour les mettre à la disposition de ses clients. Aujourd’hui, elle compte quelque 3 000 ingénieurs, y compris non-japonais.

Aung Kyaw Phyoe, un Birman de 36 ans, travaille pour Altech depuis six ans. Il appartient au service de développement international d’Altech dont il est chargé de promouvoir les activités au Myanmar. Il explique ses motivations à vouloir travailler pour une société japonaise : « Alors que de nombreuses entreprises coréennes et chinoises sont aujourd’hui implantées dans mon pays, je n’avais jamais entendu d’écho négatif au sujet des Japonais et des entreprises japonaises. Enfant déjà, je rêvais de travailler pour une entreprise japonaise. C’était une chance inespérée. »

Ce qu’il apprécie le plus chez Altech : « Les supérieurs s’occupent bien de leurs employés. Moi aussi je me sens très bien traité. » La moitié des employés de sa division ne sont pas japonais. Altech a décidé de l’embaucher car il avait fait preuve de beaucoup de considération pour ses partenaires lorsqu’il avait été chargé d’accueillir une délégation de la société au Myanmar. Honya Tsuyoshi, le responsable de la division internationale d’Altech souligne que sa société ne fait pas de distinction entre Japonais et non-Japonais en terme de recrutement, et que l’un des critères d’embauche les plus importants est la capacité de communication interpersonnelle.

Un futur cadre venu du Vietnam

Omtec, une entreprise de bâtiments basée à Tokyo, spécialisée dans le battage de pieux et les travaux de terrassement,  a recruté au printemps 2016 Nguyen Minh Hoang, un Vietnamien de 29 ans, en tant que futur cadre, une décision motivée par la stratégie du gouvernement japonais de faire du pays un exportateur d’infrastructures. Le personnel non-japonais formé par la société est donc la clé du succès des activités d’Omtech à l’étranger.

Nguyen Minh Hoang, qui a étudié la conception des autoroutes à l’École supérieure de transports et de communications du Vietnam, souhaitait vivement être embauché par une société japonaise. Il a en effet découvert pendant ses études les ponts construits au Vietnam grâce à l’aide publique au développement fournie par le Japon, et souhaitait apprendre cette technologie avancée.

Aujourd’hui, il occupe déjà une fonction de direction dans plusieurs chantiers à Tokyo. Il décrit ainsi, dans un japonais acquis en quelques mois : « J’ai une expérience que n’ont pas mes collègues japonais. Je veux continuer à réfléchir à la meilleure méthode pour améliorer encore ce qui se fait aujourd’hui. »

Apprendre des entreprises japonaises

Ping An a appris des droits de propriété intellectuelle dans une société japonaise.

GMO Brights Consulting, basée à Tokyo, offre une assistance stratégique aux firmes japonaises soucieuses de protéger leurs droits de propriété intellectuelle. Ping An, une Chinoise de 28 ans, originaire de Shanghai, dit avoir beaucoup appris en y travaillant. Elle était chargée de chercher, à la demande de clients, les « articles douteux » que l’on peut trouver sur les sites chinois de ventes, et de les en informer.

« Quand j’étais étudiante, j’aimais regarder les dessins animés japonais gratuitement en ligne. À l’époque,  j’ignorais que ce n’était pas bien. Ce n’est qu’en faisant ce travail au Japon que j’ai découvert la nécessité de protéger la propriété intellectuelle », explique-t-elle.

Suite à d’intenses études, elle obtient la certification japonaise de niveau 2 de compétence en gestion de propriété intellectuelle. Malgré cela, rentrée en Chine aujourd’hui, elle peine à trouver une position lui permettant d’utiliser ses compétences dans ce domaine, car il n’existe pas dans son pays de poste qualifié semblable en matière de propriété intellectuelle, dit-elle. Son expérience professionnelle au Japon ne lui est malheureusement pas d’ utilité pour sa carrière en Chine, mais la formation qu’elle y a reçue n’en reste pas moins importante.