Se mettre en avant sur les réseaux sociaux
Les enfants se sentent également forcés d’être actifs sur les réseaux sociaux parce qu’ils considèrent que leur valeur en tant que personne est directement liée au nombre d’amis qu’ils ont sur LINE, Twitter ou Facebook. Dans un environnement où tout le monde est libre de choisir quiconque comme ami, une personne en ayant peu est susceptible d’être perçue comme un laissé-pour-compte. Les enfants n’ont alors d’autre choix que de se conformer à la tendance générale et de se mettre en avant sur les réseaux sociaux afin d’être acceptés par les autres. Ils doivent faire de leur mieux pour paraître « cool », kawaii (mignon), drôle, intelligent, sportif ou encore riche.
Être cool, kawaii, drôle ou riche : voici les caractéristiques les plus prisées par les adolescents. Tels sont les critères par lesquels ils évaluent les photos et les vidéos qu’ils s’échangent sur les réseaux sociaux. Être kawaii pour les filles est la plus importante de ces caractéristiques : ce n’est pas uniquement une affaire de beauté du visage, mais aussi de vêtements, d’accessoires et de comportement. « Quelle coque de smartphone adorable ! », ou encore, « j’ai fait du shopping dans une boutique toute mignonne ». Ces échanges constants entre adolescentes leur permettent de conserver un sentiment de solidarité entre elles. Mais il faut aussi de l’argent pour rester kawaii en achetant de nouveaux vêtements ou se rendant dans les lieux branchés.
Que faire quand on ne possède pas de tels attributs, ou que l’on ne sait pas comment les mettre en avant ? De tels enfants ont souvent tendance à être exclus à l’école, et c’est pourquoi ils cherchent une communauté alternative sur Internet, dans laquelle ils peuvent participer activement et être valorisés. Le « social gaming », les jeux proposés par les réseaux sociaux, sont devenus pour ces enfants un moyen de trouver leur place dans le monde.
Le « social gaming », une solution à double tranchant
Ce concept englobe jeux vidéo et réseaux sociaux et permet aux utilisateurs de jouer ensemble ou de s’affronter. Les joueurs se partagent leurs scores, victoires et défaites tout en discutant grâce à la messagerie instantanée.
Remporter une victoire permet de monter dans le classement, et ainsi gagner l’estime des autres joueurs. C’est un monde dans lequel on est reconnu pour ses compétences, sans avoir à se soucier d’autres facteurs comme l’apparence extérieure. Il est possible qu’un collégien doué pour un jeu soit à la tête d’une équipe composée de membres bien plus âgés que lui et qu’il soit révéré comme un « dieu » ou un « maître ». C’est pourquoi de plus en plus d’enfants cherchent à s’affirmer à travers les jeux sur les réseaux sociaux.
Cette manière de se connecter aux autres présente aussi des inconvénients. Portés par une concurrence rude entre les entreprises de développement de jeux vidéo et une demande exigeante de la part des utilisateurs, les jeux sociaux deviennent de plus en plus difficiles. Afin de remporter la victoire, les joueurs les plus expérimentés forment des équipes et se fixent des objectifs ambitieux à atteindre, comme un certain nombre de point à gagner.
Il y a deux moyens pour y arriver. Soit jouer des heures durant jusqu’à remplir l’objectif, soit acheter des objets ou des compétences afin d’accélérer la progression ou de renforcer son personnage. Qu’importent les moyens utilisés, il est indéniable que ces jeux fatiguent les enfants, les menant dans certains cas à dépenser sans compter leur temps et leur argent.
Les smartphones ont changé la vie des enfants de nombreuses façons. Bien que leurs avantages soient indéniables, ils ont également des conséquences inattendues, aussi bien physiques que mentales. Les enfants peuvent donc se retrouver prisonniers de leur smartphone sans s’en rendre compte. La société doit faire face à ces risques.
(D’après un original en japonais du 13 février 2017.)