La date des élections : une question épineuse
La décision du Premier ministre de ne pas brusquer la réforme de la Constitution a changé la donne concernant la programmation des prochaines élections à la Chambre des représentants. Certains ont même pensé qu'Abe Shinzô allait dissoudre la Chambre basse juste à temps pour pouvoir organiser des élections anticipées le 22 octobre, date à laquelle des élections législatives partielles se tiendront dans la quatrième circonscription d'Aomori, la troisième circonscription d'Ehime et la cinquième circonscription de Niigata. Il semble peu probable que M. Abe puisse prendre une telle décision aussitôt après avoir remanié son gouvernement (*1), mais il n'est pas totalement exclu qu'il organise les élections à la Chambre basse plus tard dans l'année.
M. Abe a le choix entre quatre options pour la date des prochaines élections législatives. La première consisterait à programmer le scrutin avant la fin de l'année 2017. La seconde, à le faire coïncider avec le début de la prochaine session de la Diète, au mois de janvier 2018. La troisième, à choisir le printemps ou le début de l'été entre le vote du budget pour l'année fiscale (1er avril-31 mars) 2018 et la fin de la session parlementaire. La quatrième serait d'attendre le résultat des élections à la présidence du PLD du mois de septembre 2018, et d'organiser les législatives entre les mois de septembre et de décembre où les mandats des élus en place arriveront à leur terme.
La plupart des observateurs politiques ne croient pas que la coalition au pouvoir puisse faire aussi bien qu'aux élections de 2014 où elle a balayé l'opposition en s'assurant la majorité des deux tiers à la Chambre des représentants. Et ce, quel que soit le moment choisi pour le scrutin. Mais quelle sera la stratégie mise en œuvre pour limiter les dégâts ? Certains pensent qu'Abe Shinzô va organiser les élections en 2017 pour prendre l'opposition de court sans lui laisser le temps de se préparer. Cette tactique pourrait s'avérer particulièrement payante pour contrer le mouvement politique soutenu par Koike Yuriko, dont il sera question un peu plus loin. Faire le choix d'une date aussi rapprochée que possible permettrait également au Premier ministre de bénéficier du regain de popularité consécutif au remaniement du gouvernement.
Yamaguchi Natsuo, le président du Kômeitô, ne voit pas d'objection à l'organisation du scrutin d'ici la fin de l'année parce que, selon lui, son parti « est toujours prêt pour le combat ». Un tel choix pourrait cependant s'avérer risqué pour M. Abe : le souvenir de la débâcle du PLD aux élections à l'Assemblée métropolitaine de Tokyo est encore présent dans toutes les mémoires et le nouveau gouvernement n'a pas encore eu l'occasion de faire ses preuves. Si cette stratégie fait long feu et que le PLD – sans inclure ses alliés au sein d'une éventuelle coalition – n'obtient pas la majorité à la Chambre basse, le Premier ministre risque de perdre son poste à la tête du PLD.
Abe Shinzô va certainement tenir compte de tous ces paramètres avant de décider du moment opportun pour le prochain scrutin. Il devrait aussi suivre de près les résultats des élections législatives partielles du 22 octobre 2017 pour avoir une première idée de l'évolution des intentions de vote des Japonais.