La pollution du sol, un problème qui a paru insurmontable
En janvier 2017, une analyse des eaux souterraines du marché de Toyosu avait révélé un taux de benzène supérieur aux normes environnementales ainsi que la présence d’un élément non toléré par les normes, le cyanure. Un tel résultat avait choqué les promoteurs du marché. Cette analyse avait démontré que les mesures de remblaiement nécessaires pour remédier à cette pollution n’avaient pas été prises, et le manque de confiance vis-à-vis du nouveau marché et des autorités métropolitaines de Tokyo avait atteint son pic.
Pendant quelque temps, l’opinion selon laquelle le transfert de Tsukiji à Toyosu était impossible avait prévalu. Mais Koike Yuriko, la gouverneure de Tokyo, a décidé qu’il aurait lieu, avec pour slogan « protéger Tsukiji, faire vivre Toyosu ». Elle a appliqué les mesures supplémentaires préconisées par les experts, pour qui la couche superficielle du sol de Toyosu était sûre, et les travaux se sont terminés en juillet 2018. Après l’annonce officielle par la gouverneure sur la sécurité du site, le ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche avait finalement donné son agrément au marché de gros de Toyosu au mois de septembre.
Si les partisans du transfert avaient poussé un soupir de soulagement après l’annonce officielle de Koike Yuriko, une partie des semi-grossistes de produits de la mer ont continué à s’opposer au projet. Selon certaines sources, ils auraient cherché à faire en sorte que le ministère n’accorde pas son agrément lorsque le gouvernement métropolitain de Tokyo a déposé la demande officielle. Mais la fermeture de Tsukiji et l’ouverture de Toyosu étaient déjà décidées depuis la fin de l’année 2017. Par conséquent, les négociants de Tsukiji qui refuseraient d’aller à Toyosu seraient dans l’obligation de devoir fermer leurs commerces. C’est donc à contre-cœur que les opposants au transfert se sont mis à préparer leur déménagement.
Parmi les opposants les plus déterminés, certains semi-grossistes ont continué à travailler à Tsukiji même le 18 octobre, alors que la démolition du marché fermé avait déjà commencé. Ils ont franchi les barrières qui en interdisaient l’accès. Leurs supporters sont aussi entrés à l’intérieur en tant qu’acheteurs, et il y a eu quelques affrontements avec les employés du gouvernement métropolitain de Tokyo qui voulaient les en empêcher.
