Améliorer enfin la faible productivité horaire au Japon

Comme tous les événements perturbateurs, le coronavirus stimule l’innovation, dans la mesure où il contraint les salariés et les entreprises à remettre en question des idées reçues sur le travail. Les entreprises sont en train de se rendre compte non seulement que les longues heures au bureau ne sont pas indispensables au bon fonctionnement de l’activité, mais encore que la productivité s’améliore lorsqu’on se préoccupe du confort des employés. Des recherches effectuées aux États-Unis et ailleurs montrent que l’efficacité et la créativité des employés augmentent quand ils jugent leur environnement de travail satisfaisant. Au Japon, Hitachi en est arrivé à des conclusions similaires à l’issue d’une enquête téléphonique auprès du personnel d’un de ses centres d’appels. En comparant le niveau de satisfaction des membres du personnel au nombre de commandes qu’ils prenaient, les chercheurs se sont aperçus que les employés étaient plus productifs — autrement dit qu’ils prenaient davantage de commandes — lorsqu’ils se sentaient bien dans leur environnement de travail.

Peut-être cette découverte offre-t-elle une clef pour résoudre l’énigme de la productivité au Japon. Depuis 1994, la productivité horaire des employés de bureau au Japon est la plus faible de tous les pays du G7. Mais les entreprises qui expérimentent des concepts comme celui de workation sont en train de s’apercevoir que les employés, quand bien même installés dans une station touristique à l’autre bout du Japon, s’investissent davantage dans leur travail s’ils disposent pour ce faire d’un environnement pleinement satisfaisant plutôt que d’être enchaînés à un bureau.

Le workation ne constitue pas le seul moyen pour obtenir ce genre de résultats, et peut-être verrons-nous, dans le monde post-Covid, des bureaux dotés d’équipements sportifs et récréatifs, de salles de cinéma ou d’installations culturelles. Mais pour le moment, c’est le travail à distance qui a le vent en poupe.

La Covid-19 a contraint le Japon à prendre l’initiative de rompre son lien de dépendance au travail au bureau pour se convertir au télétravail. J’espère que les entreprises vont privilégier les mesures centrées sur les employés et visant à améliorer leur satisfaction, et que, ce faisant, elles sauront se réinventer et réaliser le gain de productivité dont on a grand besoin.

(Photo de titre : Pixta)