Ne jamais cibler consciemment le public étranger

Le film d’animation 3D « Stand by me Doraemon » co-réalisé par Yamazaki Takashi et Yagi Ryûichi a passé la barre des 10 milliards de yens de recettes mondiales. (© Comité de production du film Parasite, 2015)

Yamazaki Takashi enchaîne les succès : outre Sanchôme no Yûhi, qui reconstituait le Tokyo de l’ère Shôwa, il a touché à tous les genres, du space opera au film de samouraï, du film de guerre à l’animation 3D. Alors qu’il est aujourd’hui le n°1 du cinéma de divertissement, il évite de perdre son sang froid quand il s’agit du potentiel du cinéma japonais à l’international.

YAMAZAKI  Chercher à atteindre le marché international, c’est à coup sûr se tirer une balle dans le pied. Nous sommes des Asiatiques, notre culture n’a pas la même base que celle des anglophones, les handicaps sont multiples. Aussi longtemps que les rôles principaux seront tenus par des Asiatiques, il est totalement irréaliste de vouloir concurrencer les blockbusters hollywoodiens. Mais nous pouvons rivaliser avec Hollywood dans un certain nombre de genres. Et comme le temps est court, dans la mesure du possible je veux pouvoir jouer atout maître. Par exemple dans l’animation 3D, certains pays constituent une bonne base de réception. 

Le marché international n’est pas le but final. Pour moi aujourd’hui, la question de savoir quels défis je remporterai sur le marché japonais est bien plus importante. Et si ces films possèdent une compétitivité à l’international, alors qu’ils sortent ! Mais un succès à l’étranger n’est jamais rien de plus qu’un « bonus » pour moi. 

Yamazaki Takashi est à l’origine des VFX, et il a tiré profit d’un important panel de techniques dans des œuvres de genres divers. Mais pour lui, la technique n’est jamais un défi en soi quand il s’agit de réaliser un film.

YAMAZAKI  Je reçois quantité d’offres, mais je n’accepte que celles pour lesquelles je ressens un désir instantané d’en faire un film. En ce qui concerne les technologies à employer, il ne s’agit que d’utiliser celles qui sont nécessaires quand on en a besoin. À peu près tout est réalisable en CG aujourd’hui, plus rien n’étonne personne. Ce qui fait la différence, c’est toujours en premier lieu une histoire, avec des personnages intéressants, voilà ce qui compte.

(Réalisé à partir d’un entretien du 13 avril 2015.)