Des contrats avec les entreprises et les municipalités

Le tarif de Kidsline pour une heure de garde est de 1 000 yens (environ 7,50 euros). Les baby-sitters ont toutefois la possibilité de modifier ce montant en fonction de leur expérience et des services qu’ils sont susceptibles de rendre. Afin que ses prix restent abordables, Tsunezawa Kahoko a contacté des entreprises et des municipalités.

« Une firme peut conclure avec nous un contrat par lequel elle offre des heures de garde en tant qu’avantage en nature et verse une indemnité aux utilisateurs de nos services. Nous avons aussi signé des accords avec plusieurs municipalités, notamment à Tokyo et dans ses environs, en vue d’obtenir des subventions pour les clients de Kidsline. »

« Une grande partie de ceux qui ont recours à nos services sont des mères célibataires », précise Tsunezawa Kahoko (voir article Les mères célibataires japonaises). « Les medias parlent souvent du problème de la pauvreté dans cette catégorie de la population, mais il faut aussi mettre l’accent sur des facteurs comme le manque de garderies qui empêche ces Japonaises de travailler un nombre d’heures suffisant pour avoir une paie décente. Si certaines mères célibataires s’en sortent très bien financièrement, beaucoup d’autres ont du mal à joindre les deux bouts. Grâce aux indemnités accordées par les entreprises et les mairies, les services de baby-sitting sont plus abordables et ces femmes peuvent se concentrer davantage sur leur carrière tout en donnant à leurs enfants l’occasion d’avoir des contacts avec toutes sortes d’adultes. Les mères célibataires sont souvent si préoccupées qu’elles n’ont ni le temps ni l’énergie de sortir de l’univers limité où elles évoluent. Je souhaite que le recours aux baby-sitters contribue à élargir le cercle de leurs relations. J’aimerais que Kidsline apporte une lueur d’espoir à ces femmes et à leurs enfants en leur ouvrant de nouveaux horizons. »

S’occuper des enfants des autres, une lourde responsabilité

Kidsline emploie quelque 30 personnes dont 15 de façon régulière. Une grande partie de son personnel a une expérience des technologies de l’information dans la publicité et dans la conception de jeux. « La plupart de nos ingénieurs sont mariés avec des enfants et beaucoup sont entrés à Kidsline parce qu’ils voulaient travailler dans un secteur qui mette les nouvelles technologies au service de la société. »

Le personnel des bureaux Kidsline de Roppongi est constitué d’autant de femmes que d’hommes.

Quatre ans après la création de Kidsline, Tsunezawa Kahoko envisage de développer les activités de son entreprise à l’étranger et même de la coter en bourse. Quand on lui demande si elle est préoccupée par la concurrence qui commence à se manifester dans ce domaine, elle répond qu’elle est confiante parce que son expérience constitue un atout pour Kidsline.

« Une agence de services comme la nôtre ne peut fonctionner qu’avec un dirigeant dévoué corps et âme à sa tâche. Car c’est la vie des enfants qui est en jeu. J’ai fondé Kidsline en me basant sur mon vécu en tant qu’entrepreneur et que mère. J’ai l’impression que la plupart des gens sont préoccupés par les risques encourus et qu’ils mettent en place toutes sortes de règles au lieu de rechercher la transparence. Ce qui risque de compliquer davantage ce genre de service, d’augmenter son prix et de le rendre encore plus difficile d’accès. »

Les atouts majeurs de Kidsline sont indéniablement la qualité des prestations offertes, due aux compétences de Tsunezawa Kahoko en tant qu’entrepreneur et que mère, et la solide réputation dont l’entreprise jouit auprès de sa clientèle.

(D’après un texte en japonais du 1er juin 2018. Interview et texte : Itakura Kimie de Nippon.com. Photos : Miwa Noriaki, sauf mention contraire)