Un manque cruel de « verdure »
Une des plus grosses difficultés auxquelles les cuisiniers de la base ont été confrontés, c’est l’absence d’approvisionnement en produits frais. L’expédition avait emmené avec elle de quoi nourrir ses membres pendant une année entière. La préparation et le stockage de quelque 2000 denrées différentes pesant au total plus de 30 tonnes avaient commencé quatre mois avant le départ de Tokyo. « Et dès notre arrivée à la base Shôwa, nous avons formé une sorte de chaîne pour transférer cette énorme quantité de nourriture dans des congélateurs », se souvient Watanuki Junko. « Il nous a fallu deux journées entières pour mener à bien cette tâche. »
Tous les membres de l’expédition ont souffert d’un manque de « verdure ». « Il y avait un local spécial où nous faisions pousser des légumes hors-sol avec les techniques de l’hydroculture. Mais il fallait attendre trois à quatre semaines pour qu’ils arrivent à maturité et, de toutes les façons, il était impossible d’en cultiver assez pour tout le monde. Certains d’entre nous allaient souvent dans cette salle - pendant qu’ils se brossaient les dents, par exemple - rien que pour regarder les plantes. Au pôle Sud, il y a en tout et pour tout trois couleurs. Le blanc de la glace, le bleu du ciel et le marron des rochers. Je n’imaginais pas à quel point le vert me manquerait.


