Les médias occidentaux, entrave à la réconciliation

Les informations et critiques des médias occidentaux sur la perception japonaise des faits historiques, à force de se concentrer sur les seules déclarations de certains éléments conservateurs, ignorent le comportement pragmatique du gouvernement japonais vis-à-vis de la Chine et de ses voisins. Et ces informations et critiques parcellaires ne peuvent manquer d’entraver la réconciliation nippo-chinoise.

Par exemple, la critique occidentale de la perception japonaise des événements historiques offre une caution internationale au nationalisme anti-japonais chinois, dépeint dans les séries télévisées anti-japonaises régulièrement diffusées en Chine. Dans ces conditions, malgré l’absence de bénéfice tant économique que politique à une opposition prolongée avec le Japon, pour les dirigeants chinois aussi, la réconciliation devient difficile. La poignée de main entre Xi Jinping et Abe Shinzô en novembre dernier au sommet de l’APEC à Pékin est à porter au crédit du dirigeant chinois, mais son expression renfrognée à cette occasion reste dans nos mémoires.

Pour éviter une confrontation entre le Japon et la Chine, il ne suffit pas de critiquer la perception japonaise de l’histoire, il faut nécessairement restreindre les ambitions expansionnistes de la Chine, et la communauté internationale doit débattre de façon équilibrée. Par exemple, à l’heure où nous commémorons le 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, il convient de s’accorder pour refuser fermement les remises en question par la force de l’ordre établi, telle que l’expansion russe en Crimée ou chinoise en mer de Chine méridionale, et s’opposer au révisionnisme enclin à accepter les défis à l’ordre mondial comme ceux lancés par le Japon et l’Allemagne dans les années 1930. Il faut éviter que, par mégarde, le débat sur la perception historique ne vienne justifier les actes visant aujourd’hui à modifier par la force l’ordre établi.

On peut espérer des médias occidentaux, susceptibles de se poser en juge impartial entre le Japon et la Chine, un débat apaisé et une vision claire du passé en Asie orientale, afin d’éviter l’aggravation d’une opposition stérile entre le Japon et la Chine sur les questions mémorielles. La question de la perception de l’histoire est importante pour apprendre des erreurs passées et éviter les confrontations internationales improductives. Les questions historiques ne doivent pas obscurcir notre vision des problèmes internationaux actuels.

(D’après un article original en japonais du 2 avril 2015. Photo de titre : les dirigeants japonais et chinois s’entretiennent pour la première fois depuis longtemps, en marge de l’APEC, le 10 novembre 2014. Jiji Press)