Une position ferme vis-à-vis du Brexit serait néfaste aux entreprises japonaises
Le nouveau président français fera probablement tout pour éviter que le Brexit n’affaiblisse l’UE. La France et l’Allemagne étant les deux piliers de l’Europe, il a aussi l’intention de renforcer sa solidarité avec la chancelière allemande, Mme Merkel. Vis-à-vis de la Grande-Bretagne, M. Macron considère qu’une fois partie de l’UE, elle ne pourra plus participer au marché unique européen qui élimine les droits de douane. Il n’est pas impossible qu’il veuille se montrer ferme avec les Britanniques afin d’éviter que l’exemple du Brexit ne soit suivi par d’autres pays de l’UE.
Un tel raidissement de la position française ne serait pas sans conséquence sur les nombreuses entreprises japonaises qui ont des filiales en Grande-Bretagne. Le Japon devra probablement chercher, tout en soutenant M. Macron, à le dissuader de mener une politique trop sévère vis-à-vis de la Grande-Bretagne.
Quelle attitude aura M. Macron face aux opposants à l’immigration ?
Étant donné la progression du Front national, il ne sera pas facile à la France de chercher à être une société entièrement ouverte. M. Macron devra probablement prendre des mesures pour atténuer dans la mesure du possible l’hostilité qui existe face aux immigrants. Il devra choisir entre un renforcement des contrôles aux frontières, ou des mesures pour consolider l’intégration des migrants et des réfugiés en France, ou peut-être un équilibre entre ces deux options.
Un renforcement excessif des contrôles aux frontières serait incompatible avec la politique européenne impulsée par l’Allemagne en ce domaine, et apporterait un soutien aux mesures souhaitées par de nombreux pays de l’est de l’Europe, notamment par la Hongrie. Ce genre de mesures ne sont pas non plus recommandables, car elles conduiraient à moyen terme à une diminution du soft power européen.
L’intégration des migrants et des réfugiés peut réussir jusqu’à un certain point si elle passe par un renforcement de l’enseignement du français, de l’éducation civique et de la formation professionnelle. M. Macron a d’ailleurs promis pendant sa campagne qu’il œuvrerait à faire comprendre que l’immigration est une chance pour la France car elle lui garantit l’accès au capital humain dont elle a besoin.
Mais une telle politique d’intégration, orientée vers la promotion et le renforcement de l’intégration, ne portera pas ses fruits immédiatement. En attendant, il sera crucial de satisfaire la population par d’autres moyens. Il est à souhaiter que la diplomatie japonaise fasse des efforts pour que la France n’opte pas pour un renforcement des contrôles aux frontières, afin d’éviter l’affaiblissement de l’UE et la stagnation de ses relations avec le Japon. Mais il faudra pour cela que celui-ci révise sa politique à l’égard des étrangers, aujourd’hui critiquée par la communauté internationale comme étant excessivement fermée, et qu’il montre qu’il est aussi favorable à une société ouverte.