Un projet de loi qui a du mal à passer

Au début de l’année 2017, le ministère de la Santé, du Travail et des Affaires sociales a présenté un projet de loi visant à interdire de fumer dans les espaces publics fermés, y compris les lieux de travail, les bars et les restaurants. Les données suggérant que la réglementation de l’usage du tabac ne peut être efficace que si elle est appliquée de façon rigoureuse et exhaustive ont été ignorées par le ministère, dont la proposition exemptait d’interdiction les bars dont la surface de plancher est inférieure à 30 mètres carrés. Le lobby du tabac a mobilisé une puissante opposition et exercé des pressions pour que ce seuil soit porté à 100 mètres carrés. Dans cette dernière formulation, seuls 5 % des bars et 14 % des restaurants auraient été contraints de bannir l’usage du tabac dans leur enceinte. Le projet de loi a finalement été abandonné.

Un nouveau projet est en préparation et il doit être soumis à la Diète au début de l’année 2018. « Le principe est le même que dans la version précédente, à savoir l’interdiction de fumer dans les lieux publics fermés », dit un haut fonctionnaire du ministère. « Nous savons que l’opposition des partisans du tabac n’a pas disparu. Ils voudraient un assouplissement du système, de façon à ce qu’un propriétaire de bar ou de restaurant puisse choisir librement entre l’interdiction complète de fumer à l’intérieur, l’affichage de panneaux fumeurs ou non-fumeurs, et la proposition d’espaces séparés pour les fumeurs et les non-fumeurs. C’est insuffisant. Nous sommes en train de revoir les détails et nous avons bon espoir d’avoir le dessus cette fois-ci. Le problème, c’est que le lobby du tabac exerce une puissance hors de proportion avec le nombre de fumeurs au sein de la population. Le nombre de fumeurs au sein des parlementaires du PLD, notamment chez les plus âgés, est disproportionné. Il nous reste beaucoup de travail à faire pour informer le public des dangers du tabagisme passif. Il faut multiplier les conférences publiques, les symposiums et les événements organisés en collaboration avec des experts médicaux, et la couverture médiatique est grandement insuffisante. »