Des menaces auxquelles il faut parer

Ceci étant, quelles sont les perspectives d’avenir ? Les foyers dont la subsistance est assurée par des pères de famille dotés de revenus réguliers pourront-ils maintenir leur niveau de vie ? Bien qu’elles ne soient pas exemptes de problèmes, ces familles devraient arriver à s’en sortir d’une façon ou d’une autre.

Mais la configuration dans laquelle des membres célibataires de la famille arrivent à la maturité puis à la vieillesse va être de plus en plus fréquente. C’est ainsi qu’à la famille monoparentale et à la famille nucléaire vont s’ajouter d’autres modèles, dans lesquels un ou deux parents âgés vivront en compagnie d’un ou plusieurs enfants célibataires d’un âge plus ou moins avancé. Comme le montre la figure 7, près de 3 millions de célibataires d’âge moyen vivaient chez leurs parents en 2010 et représentaient 16,1 % de leur tranche d’âge. Or cette catégorie est en train de progresser aussi bien en termes d’effectif que de pourcentage. Outre cela, elle connaît un taux de chômage beaucoup plus élevé que les membres mariés de la même tranche d’âge.

À l’heure actuelle, les célibataires parasites d’un certain âge sont tributaires des allocations de pension et des actifs de leurs parents, et on a du mal à imaginer ce qu’ils vont devenir à la mort de ces derniers. Les affaires de maltraitance de personnes âgées sont de plus en plus nombreuses et, dans un nombre croissant de cas, l’agresseur est un fils d’âge moyen vivant toujours sous le toit familial. Ce phénomène et d’autres encore sont le produit de la prolifération des nouvelles formes de famille.

Les familles élevant aujourd’hui des enfants sont elles aussi confrontées à des problèmes qu’il va falloir résoudre. Jusqu’à présent, à mesure qu’ils avançaient en âge, les parents avaient suffisamment de ressources pour apporter un soutien à leurs enfants, garçons ou filles, qui avaient de maigres revenus. Mais à l’avenir, il n’est pas du tout exclu qu’un large fossé s’ouvre entre les parents financièrement à l’aise et les parents financièrement fragiles. Auquel cas de nombreux jeunes ayant des emplois précaires vont sombrer dans la pauvreté lorsqu’ils ne pourront plus compter sur le soutien de leurs parents. C’est ainsi qu’apparaîtra une classe de jeunes gens qui, quoi qu’ils veuillent faire, ne seront en mesure ni de se marier ni de vivre aux crochets de leurs parents. Si les tendances actuelles se confirment, le Japon va se trouver en prise à de sérieuses fractures sociales provoquées par le creusement de divers clivages. Des mesures doivent être prises de toute urgence en vue de renforcer l’emploi et la sécurité sociale ; ce n’est pas seulement le sort de la jeunesse qui en dépend mais aussi celui d’autres catégories de Japonais comme les célibataires parasites vieillissants.

(Texte original en japonais.)