Un meilleur environnement de travail

Le niveau des émissions radioactives dans l’enceinte de la centrale a également fortement diminué en cinq ans. Tepco prévoit d’abaisser, d’ici la fin mars, à moins d’un millisievert le niveau de contamination annuelle supplémentaire sur le site. Lorsqu’on se souvient qu’avant, les rayonnements ionisants émanant des débris et de l’eau fortement contaminée stockée dans les réservoirs en surface dépassaient 10 millisieverts par an, il s’agit d’une réelle amélioration.

Pour minimiser les émissions radioactives, Tepco entend recouvrir d’asphalte 145 hectares sur les 350 du site de Fukushima Daiichi, un objectif déjà rempli à 84 %. De plus, la quasi-totalité de l’eau contaminée stockée dans les réservoirs en surface a été traitée grâce au système de décontamination ALPS. C’est ainsi que le niveau des émissions radioactives sur le site a baissé.

Une radioactivité moindre offre un meilleur environnement de travail. À part à proximité des bâtiments des réacteurs 1 à 4, où les rayonnements ionisants dépassent encore 100 microsieverts par heure dans certains endroits, il n’est plus besoin de porter de combinaison intégrale sur la plupart du site. Dans la partie ouest, la plus éloignée des réacteurs, on peut même marcher à l’air libre équipé d’un simple masque jetable et d’un bleu de travail. Pendant ce reportage, un renard a pointé le bout de son nez sur le site. Peut-être est-il un habitué, car les ouvriers sont passés devant lui avec un sourire et l’animal non plus ne faisait pas mine de s’enfuir. Cette anecdote montre bien que le stress a fortement diminué.

Un renard dans l’enceinte de la centrale.

En juin 2015, un bâtiment de neuf étages comprenant une cafétéria et un espace de repos a été édifié aux abords de l’entrée ouest du site. La cafétéria, au premier étage, propose des plats chauds préparés par une cantine centrale située en dehors du site. Menu du jour et bols de nouilles ou de riz garni sont tous proposés au prix unique de 380 yens. Les ouvriers y mangent en discutant avec leurs collègues, l’air détendu. Quand on pense qu’après l’accident, leur repas se limitait aux quelques biscuits et à la bouteille d’eau minérale qui leur étaient distribués chaque jour, l’amélioration est notable.

Masuda Naohiro, le responsable de l’entité pour le démantèlement de Fukushima Daiichi créée en avril 2014 afin de fluidifier le processus de décision pour les opérations de démantèlement et la lutte contre l’eau contaminée, explique qu’« il est important de viser à se rapprocher d’un chantier ordinaire ». Aujourd’hui, à moins de pénétrer exprès en des lieux où les émissions radioactives sont fortes, on ne met plus sa vie en danger à Fukushima Daiichi.