Il n'y a pas de méthode d’entraînement bonne pour tout le monde

— Il doit être difficile de décider quelle est la meilleure méthode d’entraînement, j’imagine ?

Y.T.    Pour quelqu’un comme moi qui n’ai qu’un seul bras, l’équilibre est déficient. Dans l’eau, un environnement particulier, l’objectif est de générer une force propulsive tout en réduisant autant que possible la résistance du fluide. En fin de compte, personne ne sait encore aujourd’hui ce qu’il faut faire pour nager le plus vite possible, et donc, tout le monde cherche. C’est précisément la raison pour laquelle j’avais pris la décision d’effectuer les mêmes entraînements, dans les mêmes quantités, que les nageurs non-handicapés, car j’avais à priori les mêmes armes que n’importe qui pour me poser cette question.

— Vos relations avec votre entraîneur actuel, Takashiro Naoki, sont-elles bonnes ?

Y.T.    Je suis avec M. Takashiro depuis 2015, et il faut savoir que c’est lui qui a coaché Tateishi Ryô jusqu’à sa médaille de bronze aux JO de Londres en brasse sur 200m. Personnellement, je pense qu’il n’est pas nécessaire qu’un entraîneur possède des capacités spécifiques dans l’enseignement handisport lorsqu’il doit entraîner des nageurs à handicap léger, comme c’est mon cas. Ce que je recherchais, au contraire, c’était un entraîneur qui possède l’expérience et les connaissances propres à produire des résultats dans le monde de la haute compétition non-paralympique. M. Takashiro n’avait aucune expérience dans l’entraînement d’un para-athlète jusque-là, mais cela ne me faisait pas peur. Et tout s’est passé comme je l’avais imaginé, je suis rentré sous son enseignement sans problème.

Un para-athlète, à mon avis, n’a pas de difficulté particulière du moment qu’il arrive à communiquer et transmettre précisément son image de lui-même à son entraîneur. De l’autre côté, je demande à mon coach de pouvoir me fournir toutes les données et statistiques dont j’ai besoin. Voilà la meilleure combinaison. Et de ce point de vue, j’effectue aujourd’hui un entraînement au plus haut niveau qui me satisfait entièrement.

Photos : Ninagawa Mika
Interview et texte : Zoshigaya Senichi
(Traduction d’un extrait d’un article paru dans GO Journal)