Le risque d’une recomposition possible de l’opposition

L’issue de la bataille pour le contrôle de la Chambre des conseillers dépendra des résultats des 32 circonscriptions à scrutin uninominal y compris celles qui ont fusionné. Reste à savoir si le Parti démocrate constitutionnel (PDC) et les autres partis de l’opposition réussiront à faire front commun contre le PLD. En 2016, le Parti démocrate et le Parti communiste japonais (PCJ) se sont mis d’accord pour présenter un seul candidat dans chaque circonscription à scrutin uninominal. L’opposition a ainsi remporté la victoire dans 11 districts électoraux dont ceux de Mie, Ôita et Okinawa, et 5 des 6 préfectures du Tôhoku. Ce faisant, elle a prouvé qu’en joignant leurs forces pour soutenir un seul candidat, les formations politiques pouvaient obtenir de remarquables résultats.

Les partis de l’opposition sont une fois de plus conscients de l’importance d’une action concertée face au gouvernement d’Abe Shinzô. Mais les dissensions entre le Parti démocrate constitutionnel et le Parti démocrate du peuple (PDP) issus d’une scission du Parti démocrate, et les relations avec le Parti communiste japonais qui impliquent une approbation et un soutien réciproques constituent autant d’entraves à une coopération efficace. Les négociations pour aplanir ces difficultés se sont jusqu’à présent soldées par un échec. Quoi qu’il en soit, si elle ne s’unit pas, l’opposition aura beaucoup de mal à battre le PLD aux élections sénatoriales de 2019, et tout particulièrement dans les circonscriptions à scrutin uninominal.

Résoudre le litige des Territoires du Nord

En janvier 2019, Abe Shinzô se rendra en Russie pour s’entretenir avec Vladimir Poutine au sujet du litige des Territoires du Nord, à savoir les îles Habomai, Shikotan, Kunashiri et Etorofu, et poursuivre les négociations en vue d’un traité de paix entre les deux pays. Son objectif est d’arriver à un accord général sur les conditions d’un traité d’ici la visite de M. Poutine au Japon lors du sommet du G20 qui se tiendra à Osaka les 28 et 29 juin prochains. Les deux hommes sont d’accord pour accélérer le processus des pourparlers en vue d’un traité basé sur la Déclaration commune nippo-soviétique de 1956 dans laquelle l’URSS proposait de rendre les îles de Habomai et Shikotan au Japon.

Le Premier ministre japonais, qui jusque-là insistait sur l’importance de la restitution des quatre îles à l’origine du litige, a semble-t-il changé de position et renoncé à réclamer Kunashiri et Etorofu. Une fois que les négociations entreront dans leur phase décisive, M. Abe prêtera forcément une oreille attentive aux réactions de l’opinion publique. Dans les rangs du gouvernement comme de l’opposition, certains pensent qu’il pourrait être amené à dissoudre la Chambre des représentants à la fin de la session parlementaire ordinaire de 2019 et à organiser des élections législatives sur la question de la résolution du litige des Territoires du Nord qui se tiendraient le 28 juillet, en même temps que les sénatoriales.