L’inspiration de Janis Joplin
——Quelles sont vos racines musicales ?
NATSUKI Je dirais que mes racines viennent de la musique classique. Mon père était employé dans une maison de commerce, mais il adorait la musique, et j’ai grandi en l’écoutant jouer du piano classique. Donc voilà où elles sont, mes racines ! Puis j’ai grandi, et à l’adolescence j’ai écouté du rock occidental, et les chansons et la voix de Janis Joplin m’ont tellement électrifiée que j’ai voulu devenir chanteuse comme elle. C’est sa voix qui m’a réellement capturée. Ça a été la première fois que j’ai réellement réfléchi à faire carrière dans la musique. Mais quand j’ai réussi à obtenir une proposition pour devenir chanteuse et un premier album, c’était pour faire dans le genre de la pop japonaise ordinaire de l’époque, qu’on appelait kayôkyoku. Pendant très longtemps, la musique de Janis est restée uniquement ce que j’écoutais pour moi seule. C’est 30 ans plus tard, quand j’ai formé mon propre groupe, que j’ai pu chanter ses chansons et faire réellement du blues rock.
Les années cabaret
——Vous avez eu des moments difficiles en tant qu’artiste…
NATSUKI Quand je regarde en arrière, pour moi, le pire est d’avoir été une mauvaise chanteuse. Bien sûr, j’ai eu deux ou trois succès, mais si j’avais eu un vrai talent, je pense que ces succès auraient pu en générer d’autres et je serais devenue une chanteuse qui aurait rempli des stades. Mais mes chansons, ma voix… n’avaient pas la magie qu’il fallait. Alors pendant 8 ans j’ai fini par chanter dans des cabarets. Ça a parfois été difficile, comme quand le public m’insultait, ce genre d’expériences déprimantes, mais disons que ça, je savais comment le surmonter. C’est mon manque de talent pour chanter qui me décourageait le plus.
Un jour, j’ai décidé de persévérer dans ce métier au moins tant que je resterais jeune, même si ma carrière ne décollait pas. Puis quand j’ai écouté ma voix de trentenaire, là j’ai dit à mon agent que je laissais tomber. Et un peu plus tard j’ai eu une proposition pour faire du théâtre.
——C’était dans les années 1980.
NATSUKI Oui. Et au début des années 1990, j’ai commencé Impressionniste. Ce n’est donc qu’à mes 40 ans que j’ai trouvé ce que je voulais vraiment faire. Toute ma carrière jusque là n’avait été qu’un prologue. Au théâtre, j’ai eu la chance de progresser, des petites productions jusqu’aux comédies musicales, et travailler avec des metteurs en scène comme Ninagawa Yukio ou Suzuki Tadashi m’a beaucoup aidée à mettre ma carrière d’actrice sur la bonne trajectoire. J’ai eu de la chance. Maintenant, mon travail se développe dans trois directions : Impressionniste, chanter, et One of Love Project, et l’idéal serait que je puisse vivre et créer de ces trois facettes.

