Des arbitres femmes aux jeux olympiques

Les arbitres masculins ont longtemps exercé leur domination sur les sports amateurs, mais cela aussi est en train de changer tout doucement. Dans le judo par exemple, l’un des arts martiaux nés au Japon, les efforts en vue de parvenir à l’égalité des genres dans le sport s’accompagnent d’un essor des initiatives visant à offrir davantage d’opportunités aux arbitres femmes. C’est ainsi qu’en 2017 trois arbitres femmes ont été désignées pour la première fois pour exercer leur activité aux championnats nationaux de judo du Japon.

Une tendance similaire est à l’œuvre dans les compétitions internationales. Aux Jeux olympiques de Tokyo de l’an dernier, 5 des 16 arbitres du judo étaient des femmes. Amano Akiko était la seule personne, homme ou femme, de nationalité japonaise à avoir été sélectionnée pour arbitrer des matchs. C’était la seconde fois qu’elle officiait aux jeux olympiques, après ceux de Pékin en 2008, où elle avait été l’une des deux seules femmes à faire partie du groupe des 24 arbitres. La proportion d’arbitres femmes a grandement augmenté dans les années qui ont suivi l’entrée d’Amano sur la scène internationale, ce qui témoigne à l’évidence d’un essor du mouvement en faveur de l’amélioration de la condition féminine.

Amano a arbitré 37 rencontres de judo aux Jeux olympiques de Tokyo, dont le match d’ouverture et la finale masculine toutes catégories de poids. Le fait qu’on lui a confié la pemière et la dernière rencontres témoigne des percées accomplies par les femmes dans le monde de l’arbitrage du judo.

Amano Akiko exerce son activité d’arbitre lors de la compétition de judo des Jeux olympiques d’été 2020 qui s’est déroulée au Budôkan de Tokyo le 30 juillet 2021. Outre qu’elle est septième dan, elle est aussi directrice à la quinzième génération du fabricant de feux d’artifice Kagiya. (Jiji)
Amano Akiko exerce son activité d’arbitre lors de la compétition de judo des Jeux olympiques d’été 2020 qui s’est déroulée au Budôkan de Tokyo le 30 juillet 2021. Outre qu’elle est septième dan, elle est aussi directrice à la quinzième génération du fabricant de feux d’artifice Kagiya. (Jiji)

La lutte est une discipline qui a une longue histoire aux jeux olympiques. Pourtant, et bien que les Japonaises se soient illustrées dans les compétitions féminines, seules 8 arbitres femmes, contre 209 pour les hommes, sont qualifiées pour superviser les matchs des championnats nationaux du Japon. De même, on ne dénombre toujours qu’une poignée de femmes participant à l’arbitrage des tournois internationaux de lutte, bien qu’on s’attende à ce que cette situation évolue à mesure de l’augmentation de l’effectif des arbitres femmes.

Le bruit a couru que la lutte allait être supprimée des jeux olympiques en raison du déclin de sa popularité, une éventualité que la United World Wrestling, l’instance dirigeante internationale, soucieuse d’améliorer sa réputation auprès du Comité international olympique, cherche à éviter via la promotion de l’égalité des genres.

La porte est désormais ouverte pour les femmes

Le sentiment que les femmes sont moins douées que les hommes pour l’arbitrage parce qu’elles ne disposent pas de la force ou de l’endurance requises — sentiment qui a jadis prévalu dans le monde du football — se dissipe rapidement, dans une large mesure grâce aux efforts des pionnières et à la conscience de plus en plus aiguë de la nécessité de l’égalité des genres. La porte est en train de s’ouvrir, de plus en plus grand.

La Coupe du monde de la FIFA au Qatar devrait entraîner un élargissement des opportunités offertes aux femmes de jouer un rôle actif dans les compétitions nationales et internationales de football à l’échelle planétaire, et cette tendance va très certainement se propager dans d’autres sports dominés par les hommes. On ne sait pas encore quels matchs vont superviser les six femmes occupant des postes officiels à la Coupe du monde, mais le monde entier va observer ce qui se passe à mesure qu’elles déploient leurs talents sur le terrain.

(Photo de titre : Yamashita Yoshimi fait ses débuts en tant que première arbitre en chef féminin de la J. League le 18 septembre 2O22. Jiji)