La Coupe du monde de football organisée par plusieurs pays

La Coupe du monde de football, un autre événement de portée mondiale, est en avance sur les Jeux olympiques pour ce qui est d’une organisation simultanée dans plusieurs pays. Autrefois aussi, elle n’avait lieu que dans un seul pays, mais celle de 2002 avait été confiée à la Corée du Sud et au Japon. À y repenser, il n’est pas exagéré de dire que cet événement a renforcé les échanges entre les deux pays et approfondi la compréhension internationale.

La Coupe du monde de football 2026 est organisée par trois pays, les États-Unis, le Canada et le Mexique, tandis que celle de 2030 le sera par l’Espagne, le Portugal et le Maroc. Mais il y aura aussi un match dans trois pays d’Amérique latine, tout d’abord l’Uruguay, parce que c’est dans ce pays que la première Coupe de monde a eu lieu en 1930, ainsi que l’Argentine et le Paraguay.

La FIFA annonce que trois matchs de la Coupe du monde de 2030 auront lieu ailleurs que dans les trois pays organisateurs, l'Espagne, le Portugal et le Maroc, dans un projet ambitieux d'une compétition organisée sur plusieurs continents. (Reuters)
La FIFA annonce que trois matchs de la Coupe du monde de 2030 auront lieu ailleurs que dans les trois pays organisateurs, l’Espagne, le Portugal et le Maroc, dans un projet ambitieux d’une compétition organisée sur plusieurs continents. (Reuters)

L’Afrique en ligne de mire

Si l’on considère les pays dans lesquels ont eu lieu les Jeux olympiques jusqu’à présent, on se rend compte que l’Afrique est le seul continent où ils ne se sont jamais tenus. Kirsty Coventry est née à Harare, la capitale du Zimbabwe, un pays enclavé du sud de ce continent. Après le lycée, elle a étudié dans une université américaine. Récompensée par la médaille d’or du 200 mètres brasse à Athènes en 2004 et à Beijing en 2008, elle a participé à cinq Jeux olympiques au total, de ceux de Sydney en 2000 à ceux de Rio de Janeiro en 2016. Entrée au CIO en 2013, elle en devient ensuite membre exécutive, et elle est aussi ministre des sports du Zimbabwe.

Mme Coventry lors de la conférence de presse qu'elle a donnée après son élection au poste de président du CIO, le 20 mars 2025, à Costa Navarino en Grèce. (AFP-Jiji)
Mme Coventry lors de la conférence de presse qu’elle a donnée après son élection au poste de président du CIO, le 20 mars 2025, à Costa Navarino en Grèce. (AFP-Jiji)

Les Coupes du monde de football ou de rugby, des événements de portée mondiale, ont déjà eu lieu en Afrique du Sud. Si des Jeux olympiques ont lieu sur le continent, ils relieront dans la réalité les cinq continents. Les attentes vis-à-vis de Mme Coventry à cet égard sont fortes.

Il faut créer une structure qui, tout en contrôlant le coût grandissant de l’organisation des Jeux, permette aux pays en voie de développement de devenir des pays hôtes. Pour atteindre cet objectif, une réforme radicale s’impose, afin non seulement d’organiser des Jeux en Afrique, mais aussi de les rendre plus durables. On ne peut que souhaiter que de véritables efforts soient faits pour connecter le monde entier grâce à des formules diverses, comprenant l’utilisation des technologies de communication de pointe.

Peut-on réussir à créer des liens dans un monde divisé ?

Un énorme mur barre la route du CIO : la situation internationale qui voit les divisions devenir sans cesse plus fortes.

Les deux guerres que sont l’agression russe contre l’Ukraine, et le conflit entre Israël et le mouvement islamiste Hamas dans la bande de Gaza assombrissent aussi le monde sportif. Une autre difficulté attend aussi Coventry à la tête de la plus grande organisation sportive mondiale : la politique de l’America first du président américain qui ébranle le monde, comme sa politique étrangère basée sur la force.

Donald Trump a annoncé que le gouvernement fédéral ne reconnaît que deux sexes, le masculin et le féminin, et il a exprimé son intention de ne pas accorder de visa aux athlètes transgenre pour les Jeux olympiques de Los Angeles en 2028. Une personne transgenre déclare une identité sexuelle différente de celle qu’elle avait à la naissance. La participation à des compétitions féminines d’athlètes de sexe masculin à la naissance mais déclarant une identité sexuelle féminine suscite de vives discussions du point de vue de l’équité.

Dans son « cadre sur l’identité, l’inclusion, et la non-discrimination sur la base de l’identité sexuelle et de l’intersexuation », le CIO a affirmé son intention de respecter ces principes en affirmant que « des athlètes ne doivent pas être exclus uniquement en raison de leur identité ou de leur intersexuation ». Sur ce point, le CIO et le président Trump sont en désaccord.

Voici ce que Mme Coventry a déclaré à ce sujet dans une interview au magazine américain The Athletic : « Les fédérations sportives internationales ont joué un rôle important dans l’élaboration de règles concernant les athlètes transgenres, mais le CIO doit assumer à cet égard un rôle de leader. »

Dans sa réponse à une question sur les rapports du CIO avec le président Trump, elle a abordé l’indépendance du sport en déclarant : « Tout homme politique voit probablement un événement sportif comme un endroit où faire passer toutes sortes de messages. Notre devoir au CIO est de protéger notre neutralité. C’est simple à dire, mais la seule méthode pour le faire est de protéger notre honnêteté et notre sens des valeurs. »

Il ne sera pas facile de réparer notre monde divisé. Les relations entre les États-Unis et l’Europe sont très affectées par la garantie de sécurité en Ukraine et le soutien armé à ce pays. Parce que notre époque est ce qu’elle est, le mouvement olympique (par la propagation de l’esprit olympique) qui vise à promouvoir la paix dans le monde, au-delà des murs que constituent les pays et les races, les religions et les identités sexuelles, est important. Ce que nous attendons de la nouvelle présidente du CIO est qu’elle fasse preuve d’un leadership capable de créer des liens entre les cinq continents, sans céder aux pressions politiques.

(Photo de titre : Thomas Bach, alors président du CIO, et Watanabe Morinari, président de la Fédération internationale de gymnastique lors de la remise des médailles des épreuves de gymnastique par équipe féminine, le 1er août 2024. Xinhua/Abaca Press/Kyodo News Images)