Le voyage d’un photographe béni de Dieu se poursuit

La publication de « Pèlerinage à La Mecque » a constitué un autre tournant dans la carrière de Nomachi. Tout en poursuivant son travail de photographe, en 2003, il présente une exposition de ses photographies les plus représentatives au Musée d’Art de Hiratsuka, (préfecture de Kanagawa), puis d’autres lieux, sous le titre « Terre de prière » (Inori no daichi). Le livre « Vers une terre d’une autre dimension » (Ijigen no daichi e, Kôchi shimbun, 2005) retrace le parcours de Nomachi au cours des 30 dernières années du point de vue « des paysages et des êtres humains ». L’exposition « Pèlerinages en terres saintes » (Seichi junrei) au Musée d’Art de la préfecture de Kôchi en 2008, puis au Musée de la Photographie de la ville de Tokyo en 2009 inclut des photographies de pèlerinages pris lors de ses derniers travaux autour du bassin du Gange en Inde et des Andes en Amérique du sud. Ses photographies du Gange font ensuite l’objet d’un nouveau livre intitulé Ganges (Shinchôsha, 2011).

Des pèlerins se baignent dans le Gange lors de la Kumbh Mela, un grand festival hindou qui se tient sur la rivière sacrée. Photo prise en 2011 à Allahabad, lieu sacré du nord de l’Inde où se rencontrent les fleuves Gange et Jamuna. (Extrait de Ganges)
Des pèlerins se baignent dans le Gange lors de la Kumbh Mela, un grand festival hindou qui se tient sur la rivière sacrée. Photo prise en 2007 à Allahabad, lieu sacré du nord de l’Inde où se rencontrent les fleuves Gange et Jamuna. (Extrait de Ganges)

Dans « Hauts plateaux extrêmes : vivre au Tibet, dans les Andes, en Éthiopie » (Kyokugen kôchi - Tibet, Andes, Ethiopia ni ikiru, Nikkei National Geographic, 2015), Nomachi tourne son objectif sur des population qui vivent entre 2 000 et 4 000 mètres d’altitude.

Un groupe d’hommes appelés <em>ukuk</em> (« ours ») démontent la croix qu’ils ont dressée, puis redescendent dans leur vallée, après un rituel lors du pèlerinage de Qoyllur Rit’i, institué depuis que s’est répandue la légende de l’apparition d’une réincarnation du Christ dans un sanctuaire inca. Photo prise en 2004 sur un glacier situé à 5 000 mètres d’altitude dans la cordillère des Andes, au Pérou. (Extrait de « Hauts plateaux extrêmes : vivre au Tibet, dans les Andes, en Éthiopie »)
Un groupe d’hommes appelés ukuk (« ours ») démontent la croix qu’ils ont dressée, puis redescendent dans leur vallée, après un rituel lors du pèlerinage de Qoyllur Rit’i, institué depuis que s’est répandue la légende de l’apparition d’une réincarnation du Christ dans un sanctuaire inca. Photo prise en 2004 sur un glacier situé à 5 000 mètres d’altitude dans la cordillère des Andes, au Pérou. (Extrait de « Hauts plateaux extrêmes : vivre au Tibet, dans les Andes, en Éthiopie »)

En 2009, Nomachi reçoit la médaille au ruban pourpre en reconnaissance de ses réalisations à ce jour. En 2019, il est nommé président de la Société japonaise des photographes professionnels. Aujourd’hui âgé de plus de 75 ans, son esprit créatif est toujours aussi aiguisé. Le voyage de ce photographe béni de Dieu se poursuit.

(Photographies : Nomachi Kazuyoshi. Photo de titre : la ligne du Tawaf au temple de la Kaaba dans la mosquée de La Mecque. Les pèlerins font sept révolutions dans le sens inverse des aiguilles d’une montre à partir de l’angle sud-est du temple, où la pierre noire est encastrée. Photo prise en 1995. Extrait de « Pèlerinage à La Mecque »)