Eliminer les divisions pour des projets totalement japonais
Les téléphones portables, bien que leur « contenu » soit souvent made in Japan, sont de fabrication étrangère en tant que produit fini. C’est inévitable si les composants sont vendus séparément. De la même façon, si l’exportation du fleuron national qu’est le shinkansen rencontre des difficultés, c’est parce que dans les faits, les constructeurs ferroviaires négocient en solo. En proposant une offre globale incluant entre autres le système d’exploitation ferroviaire, la compétitivité comme la valeur ajoutée croîtraient fortement, et on aurait pu éviter de laisser partir la Chine avec nos technologies de matériel roulant.
Dans le cas des technologies liées à l’eau aussi, des « composants » (des technologies précises) de premier rang comme les filtres, par exemple, sont exportés du Japon vers le monde entier. Veolia et Suez engrangent des bénéfices avec des offres globales qui incluent ces composants, un phénomène qui se retrouve dans les autres domaines industriels.
Notre volonté est de dresser l’étendard japonais sur le marché de l’eau et de mobiliser des entreprises du secteur privé pour proposer une offre globale. Ainsi, le Japon renouerait avec les bénéfices et l’emploi. Je le répète, le Japon possède dans le secteur de l’eau des technologies et un savoir-faire inimitables.
Ce qui m’a frappé au cours de notre développement à l’international, ce sont les « divisions » entre ministères, premier obstacle à la constitution d’une équipe totalement japonaise. Les membres du service des eaux de Tokyo ont dû présenter le projet métropolitain à cinq services bureaucratiques différents. Les collectivités locales, gestionnaires de l’adduction d’eau, dépendent du ministère de la Gestion publique, mais la gestion de la qualité de l’eau revient au ministère de la Santé. Le ministère des Affaires étrangères traite le développement international, tandis que le ministère de l’Economie et du Commerce chapeaute les implantations à l’étranger. Enfin, tout ce qui touche aux infrastructures revient au ministère du Territoire et des Transports. Il n’est pas normal que cinq administrations différentes soient impliquées dans le secteur de l’eau.
