Un nouveau modèle de développement des ressources humaines
Au Japon, l’essentiel du développement des ressources humaines se fait sur le lieu de travail. Les nouvelles recrues étant censées effectuer les tâches qui leur incombent en même temps qu’elles apprennent à les faire, elles finissent forcément par y consacrer beaucoup de temps. S’il fallait limiter les heures supplémentaires en restant dans le cadre du système actuel, la formation du personnel risquerait d’en pâtir. Pour réduire le temps de travail sans nuire à la productivité, le Japon va devoir transformer complètement sa conception du développement des ressources humaines.
En Europe, les établissements scolaires proposent des programmes de formation technique et professionnelle en partie conçus et mis en place par le patronat. Et les stages de formation en entreprise sont de plus en plus fréquents. Quand les firmes européennes embauchent pour des emplois fixes, elles attendent de leurs futurs employés qu’ils aient les qualifications et les compétences nécessaires pour effectuer leur travail. Les nouvelles recrues sont loin d’être totalement inexpérimentées comme au Japon. Un des enjeux majeurs auxquels l’Archipel va devoir faire face, c’est la mise au point d’une nouvelle approche du développement des ressources humaines basée sur le modèle européen. Si les grandes firmes japonaises sont en mesure d’organiser leurs propres programmes de formation, il en va tout autrement pour les PME. Pour s’en sortir, celles-ci devront s’associer au niveau local ou par branche d’activité. En fait, il s’agit de créer un nouveau système à partir de zéro. Pour que la réforme du travail proposée par le gouvernement devienne une réalité concrète, il va falloir qu’il y ait une véritable concertation sur ce point.
Par ailleurs, les entreprises vont devoir forcément procéder à des ajustements de main-d’œuvre afin d’optimiser l’éventail de leurs produits et de leurs services, c’est-à-dire le second facteur-clé du maintien de leurs performances. En Europe et en particulier dans les pays nordiques, les syndicats ne s’opposent pas aux restructurations parce qu’ils considèrent que la liquidation des activités non-rentables est inévitable. Mais ils négocient avec fermeté pour limiter le nombre des licenciements et s’assurer que les travailleurs concernés bénéficient soit d’une aide au reclassement soit d’une indemnité financière. Les gouvernements tentent quant à eux de faciliter les transferts de main-d’œuvre vers des industries en expansion en mettant l’accent sur la formation professionnelle et en créant des programmes de soutien aux travailleurs.
Le plan de réforme du travail du gouvernement japonais ne fait pratiquement aucune allusion à des mesures de restructuration et beaucoup de points concernant sa mise en œuvre n’ont pas été soulevés.
