En 2020, le badminton va faire partie pour la première fois des disciplines paralympiques, à l’occasion des JO de Tokyo. Nagashima Osamu, un Japonais de 38 ans, fait partie des meilleurs pratiquants mondiaux du badminton handisport. Il se prépare activement en vue du plus grand événement sportif de la planète, tout en exerçant la profession de chercheur dans le département de technologie d’une grande entreprise japonaise. Il nous fait partager les états d’âme qui l’ont accompagné tout au long de son parcours du combattant.

Je me rappelle qu’au cours d’une retransmission des Jeux paralympiques de Londres, en 2012, un commentateur de la chaine de télévision britannique Chanel 4 a qualifié les athlètes de « surhommes ». J’ai trouvé ce terme d’autant plus approprié que jusque-là, à ma plus grande honte, je n’avais jamais considéré les concurrents sous cet angle.

Les pratiquants du parabadminton sont répartis en six catégories en fonction du degré de leur handicap et du fait qu’ils utilisent ou pas un fauteuil roulant. WH1 correspond aux joueurs en fauteuil roulant sans abdominaux. WH2 aux joueurs en fauteuil roulant avec abdominaux. SL3 aux joueurs debout avec un handicap touchant un membre inférieur, qui ne peuvent pas courir. SL4 aux joueurs debout avec un handicap touchant un membre inférieur, qui peuvent courir. SU5 aux joueurs debout avec un handicap touchant un membre supérieur. SS6 aux joueurs debout de petite taille. Nagashima Osamu est un athlète de catégorie WH1. (Photo avec l’aimable autorisation de Lixil)

Quand je commente des épreuves de handisport, je suis souvent épaté par les performances « surhumaines » des athlètes. Ils arrivent à surmonter non seulement leurs handicaps physiques mais aussi les préjugés sociaux, et ils ont une grande force intérieure qui décuple leur énergie dans la réalisation de leurs objectifs. Ils sont un exemple pour nous tous dans la mesure où ils révèlent les possibilités cachées de l’être humain.

Un spécialiste de la R&D doublé d’un athlète de haut niveau

Nagashima Osamu est l’un de ces para-athlètes tout à fait remarquables, à la fois meilleur joueur de badminton handisport de l’Archipel et membre de l’équipe R&D de Lixil, une firme japonaise d’envergure mondiale. 14 fois champion du Japon de parabadminton, Nagashima Osamu est aussi un chercheur particulièrement inventif qui a permis à son entreprise de faire breveter le système de protection Proguard contre les taches et les traces de calcaire.

Le regard de Nagashima Osamu en dit long sur les épreuves et les difficultés qu’il a traversées et sur la force de caractère qu’il a acquise tout au long de son parcours…et qui se manifeste à présent par sa gentillesse vis-à-vis des autres. On devine aussi en lui la curiosité insatiable des chercheurs impliqués dans des travaux scientifiques de haut niveau.

« Vous savez, ce que je vais dire est très banal, mais pour obtenir des résultats, il n’y a pas de secret, il faut s’appliquer sans relâche. C’est vrai pour la R&D autant que pour le badminton », nous dit-il, les yeux fixés devant lui.

Je pensais que notre entretien commencerait par un rappel de l’accident dramatique où Nagashima Osamu  a failli perdre la vie. Mais non. Il a débuté par une phrase ne laissant aucun doute sur la volonté de son auteur de trouver des réponses aux grandes questions de l’existence…