Atteinte par un cancer des os à l’âge de 19 ans
La première et la plus terrible épreuve infligée par le destin à Tani Mami commence au cours de l’été 2001, lorsqu’elle est alors en deuxième année à l’Université Waseda. Elle aime beaucoup sa vie d’étudiante d’autant plus qu’elle devient pom-pom girl. Un jour, elle ressent une violente douleur à la cheville droite. Elle a alors recours à des massages et à la TENS (neurostimulation électrique transcutanée), mais ces soins s’avèrent sans effet et son état ne fait que s’aggraver jusqu’à en avoir du mal à marcher. Elle consulte alors un orthopédiste du voisinage, qui est stupéfait par le résultat des radiographies : les os de la jeune femme sont en train de se désintégrer.
Tani Mami a été envoyée au centre national du cancer de Tsukiji où elle se faut diagnostiquer un ostéosarcome, une forme de cancer des os relativement rare. Elle est immédiatement hospitalisée et soumise à une chimiothérapie avec des effets secondaires importants incluant des nausées et une grande fatigue. Au bout d’un mois elle a également perdu ses cheveux, ses sourcils et ses cils. Pour elle, c’était quelque chose d’insupportable : jusque-là, elle a en effet été toujours très active pratiquant la natation à l’école primaire, l’athlétisme au collège et au lycée, et assumant la fonction de pom-pom girl à l’université.
Mais Tani Mami est loin d’être au bout de ses peines. Le médecin lui annonce en effet qu’il faut l’amputer de la jambe droite en dessous du genou. « Si on ne vous ampute pas maintenant, il ne vous reste qu’un an et demi à vivre ». « Et si c’était votre fille qui était à ma place, est ce que votre décision serait la même ? » demande Tani Mami en dernier recours. « Bien entendu ! La vie, c’est ce qui compte le plus ! » réplique avec fermeté son interlocuteur.
La réponse du médecin ouvre les yeux de la jeune fille. Elle accepte. En entrant dans la salle d’opération, elle salue ses parents avec un geste de la main et un grand sourire.
Sa mère en pleurs. Elle se demande comment sa fille fait pour rester souriante dans un moment pareil. « En ce qui me concerne, j’avais déjà versé toutes les larmes de mon corps », raconte la jeune femme. « Mes yeux étaient secs et je m’étais résignée à perdre une de mes jambes. »
Mais il faut quand même davantage de temps à Tani Mami pour accepter concrètement la perte de sa jambe droite. Elle se sent seule, abandonnée. « Pendant la période des soins consécutifs à l’opération, je me suis souvent demandée pourquoi tout cela m’arrivait à moi », confie-t-elle.
« Je me suis battue avec moi-même et contre mes propres faiblesses. Je voulais trouver quelque chose qui me fasse sortir du cercle infernal des pensées négatives. J’ai donc commencé à suivre des cours de sport pour les personnes handicapées. Et c’est là que mon entraîneur m’a encouragé à faire de l’athlétisme. »

