Attirer le cervidé le plus imposant au monde
En 2009, je sortais mon livre pour enfants, « Les animaux des bois » (Mori no dôbutsu), et je célébrais sa publication au cours d’une exposition photo dans la galerie des citoyens du Musée d’Art de Setagaya, à Tokyo. Puisque j’avais auparavant publié deux ouvrages, dont « Un monde de merveilles », un certain nombre d’amateurs de mes travaux s’étaient déplacés. L’un des visiteurs était le producteur d’une émission de la NHK appelée « La vie sauvage » (Widl life). Cette rencontre nous a amené à concevoir un programme présentant les Northwoods, pour lequel je serai le guide. C’était ma chance d’utiliser au mieux les expériences et les techniques que j’avais acquises lors de mes voyages.
L’émission comprendrait une visite du parc national du Canada Wood Buffalo et des dunes de sable d’Athabasca, ainsi qu’une chance d’attirer avec succès un élan, le cervidé le plus imposant au monde. L’utilisation des appeaux est une ancienne méthode de chasse visant à imiter l’appel des femelles afin d’attirer l’attention des mâles pendant la période des accouplements en automne. Un ami agent de la conservation m’a appris à me servir de mon outil, un mégaphone en écorce de bouleau roulée. J’ai ressenti quelques frissons en voyant un élan doté d’énormes bois sortir des broussailles, prouvant que mon cri avait bien atteint l’animal. La visibilité dans la forêt est assez faible, et les animaux communiquent donc souvent par des sons plutôt que par des signaux visuels. En faire l’apprentissage pratique a été une expérience incroyable.
Un des objectifs clés de ma carrière, à partir du moment où j’ai décidé de devenir photographe, était de faire un recueil de mes œuvres. Prendre des photographies méritant le nom de « travaux » n’est pas chose aisée, mais j’avais toujours l’impression d’assembler les pièces de ce gigantesque puzzle qu’était les Northwoods, et de dévoiler sa vraie forme, petit à petit. Comme Jim Brandenburg me l’avait dit, « fournir du travail de bonne qualité prend du temps ».
Plus tard, ma rencontre avec le peuple Anichinabé des Premières Nations du Canada, qui réussit à maintenir ses traditions de chasseurs-cueilleurs au sein de ces territoires, m’a finalement donné une nouvelle perspective sur les voyages que je faisais.
(À suivre pour la dernière partie de l’aventure...)
(Toutes les photos sont d’Ôtake Hidehiro)



