Les nouveaux Principes directeurs pour la coopération en matière de défense
La version originelle des Principes directeurs pour la coopération nippo-américaine en matière de défense a été approuvée en 1978 par le Comité consultatif nippo-américain sur la sécurité (SCC, également connu sous le nom de « deux plus deux ») à l’issue de pourparlers engagés sous la direction de Michita Sakata, directeur général de l’Agence de la défense, et James Schlesinger, secrétaire à la Défense. Le document exposait le partage des responsabilités et les formes de coopération entre les FAD et l’armée américaine au titre des accords bilatéraux de sécurité, avec pour objectif de garantir le bon fonctionnement et l’efficacité de la collaboration. Il a grandement contribué au renforcement des mécanismes de coopération au niveau opérationnel au cours des années 1970 et 1980. Mais ces principes directeurs étaient conçus pour le contexte stratégique propre à la guerre froide, et une refonte s’imposait à l’évidence pour les adapter aux modifications spectaculaires de l’environnement propre à l’ère suivante. Des consultations à grande échelle (notamment quatre cycles d’étude de scénarios) ont permis d’élaborer de nouveaux principes directeurs, qui ont été présentés au SCC le 23 septembre 1997.(*14) Cette version classait la coopération dans le domaine de la sécurité en trois grandes catégories : (1) « la coopération dans des circonstances normales », (2) « les actions en réponse à une attaque armée contre le Japon » et (3) « la coopération quand il se produit dans les zones entourant le Japon une situation qui aura un impact important sur la paix et la sécurité de ce pays ».
Comme la Déclaration commune nippo-américaine sur la sécurité insistait tout particulièrement sur la nécessité de coordonner les politiques en ce qui concernait les situations dans les zones entourant le Japon, cette catégorie de coopération s’est tout naturellement trouvée au centre des pourparlers sur les nouveaux principes directeurs. La version de 1978 avait certes contenu un chapitre sur la coopération dans le cas de « situations en Extrême-Orient à l’extérieur du Japon », mais la formulation de ce passage était vague et hésitante, et il ne représentait qu’un dixième de la longueur du chapitre sur la coopération dans le cas d’une attaque armée contre le Japon. Dans les principes directeurs de 1997, en revanche, le chapitre sur les situations dans les zones entourant le Japon était plus long que celui consacré aux attaques armées contre ce pays.
Les nouveaux principes directeurs proposent une quarantaine d’exemples de coopération dans les situations dans les zones entourant le Japon, répartis en trois rubriques. La première, « la coopération autour d’activités engagées à l’initiative du gouvernement de l’un des deux pays », concerne les activités dont l’efficacité est renforcée par la coopération bilatérale, bien que chacun des deux pays ait le choix de s’y engager ou non. On peut citer parmi elles les opérations de « recherche et sauvetage » et d’« évacuation de civils ». La seconde rubrique, « le soutien du Japon aux activités des forces armées des États-Unis », recouvre la mise à disposition de moyens matériels ainsi que diverses formes de soutien hors zone d’opérations, dans des domaines comme les approvisionnements, le transport ou l’entretien, selon les requêtes de la partie américaine. La troisième, « la coopération opérationnelle nippo-américaine », concerne le partage des informations provenant de la surveillance et de la collecte de renseignements ainsi que les mesures destinées à garantir la sûreté de la navigation dans les eaux territoriales et l’espace aérien de l’Archipel.(*15)
Les grands éléments des Principes directeurs de 1997
pour la coopération nippo-américaine en matière de défense
Trois catégories de coopération en matière de défense
- Coopération dans des circonstances normales
- Actions en réponse à une attaque armée contre le Japon
- Coopération quand il se produit dans les zones entourant le Japon une situation qui aura un impact important sur la paix et la sécurité de ce pays
Les négociations se sont focalisées sur la « coopération dans les situations dans les zones entourant le Japon »
⇒La coopération dans les situations dans les zones entourant le Japon occupe une place beaucoup plus importante dans le document que les « actions en réponse à une attaque armée contre le Japon ».
La coopération dans les situations dans les zones entourant le Japon est divisée en trois sous-catégories :
1. Coopération autour d’activités engagées à l’initiative du gouvernement de l’un des deux pays
- Activités de secours et mesures d’assistance aux réfugiés
- Recherche et sauvetage
- Évacuation des civils
- Activités en vue de garantir l’efficacité des sanctions économiques visant au maintien de la paix et de la stabilité internationales (partage d’informations, coopération pour l’inspection de navires, etc.)
2. Soutien du Japon aux activités des forces armées des États-Unis
- Mise à disposition de moyens matériels
- Soutien à l’arrière (approvisionnements, transport, entretien, etc.)
3. Coopération opérationnelle nippo-américaine
- Mesures destinées à garantir la sûreté de la navigation dans les eaux territoriales et l’espace aérien de l’Archipel
- Partage des informations provenant de la surveillance et de la collecte de renseignements
Pour permettre aux FAD de participer à certaines des activités mentionnées dans les principes directeurs de 1997, notamment celles ayant trait à des situations intervenant dans les zones entourant le Japon, celui-ci avait besoin de nouveaux textes de loi. En avril 1998, le gouvernement a soumis une série de projets de loi à la Diète. Avant novembre 2000, le parlement a voté un train de lois qui établissait un fondement juridique pour la coopération avec l’armée des États-Unis dans les zones entourant le Japon, y compris le soutien à l’arrière, les opérations de recherche et sauvetage et les inspections de navires.(*16)
Les principes directeurs de 1997 remarquent aussi qu’il pourrait se produire simultanément une attaque contre le Japon et une situation dans les zones entourant le pays — si, par exemple, l’Archipel était la cible d’un tir de missile et d’une attaque de commando au cours d’un conflit armé se déroulant sur la Péninsule coréenne. Pour être en mesure de coopérer avec les États-Unis dans les zones avoisinantes quand sa propre sécurité se trouvait directement menacée, il était clair que le Japon avait beaucoup à faire en termes de renforcement de sa capacité de défense. Dans les années qui suivirent, le Japon a fait de rapides progrès à cet égard. À la fin des années 90, il a renforcé sa coopération avec les États-Unis dans le domaine de la défense antimissile (BMD) et, en décembre 2003, il a adopté un projet d’amélioration du système de défense antimissile à deux étages constituant le système Aegis embarqué sur frégates et les missiles intercepteurs surface-air Patriot Advanced Capability (PAC-3). En 2003, le gouvernement a en outre réussi — au bout de trente ans — à obtenir le passage de plusieurs textes essentiels au renforcement de la capacité des FAD à faire face aux situations d’urgence.
