La révolution russe et la première mosquée du Japon

Nurullah Ayaz, l’imam de la mosquée Tokyo Camii. Il est arrivé au Japon au cours de l’été 2012, après avoir étudié le japonais pendant cinq ans dans une université turque. Il met volontiers l’accent sur « les nombreux points communs qui existent entre les caractéristiques du peuple japonais et le comportement que doivent avoir les pratiquants de l’Islam. »

Les origines de la mosquée Tokyo Camii se trouvent en Asie centrale.

« Pendant longtemps, le Japon n’a pas eu de relation directe avec le monde musulman, et c’est bien dommage », explique Nurullah Ayaz, l’imam de Tokyo Camii. « Il a fallu attendre le XXe siècle pour qu’une communauté musulmane s’installe au Japon(*1). La première mosquée de Tokyo a été bâtie par des Tartares qui s’étaient réfugiés dans l’Archipel après la révolution russe de 1917. Il s’agissait de Turcs originaires de l’Asie centrale qui on rejoint le Japon en passant par la Sibérie et la Chine. En tant que pratiquants de l’Islam, ils ont voulu construire une école pour éduquer leurs enfants et une mosquée pour prier. En 1928, le gouvernement japonais leur a donné l’autorisation d’ouvrir un établissement scolaire qui a été inauguré en 1935. La première salle de prière musulmane de Tokyo a été achevée trois ans plus tard, en 1938. »

(À gauche) L’école pour les enfants musulmans de Tokyo, qui a ouvert ses portes en 1935. L’édifice ayant commencé à se dégrader, il est appelé à être détruit. Un centre culturel turc doit être construit à son emplacement. (À droite) La première mosquée de Tokyo, inaugurée en 1938. Elle a été démolie en 1986 parce que sa structure présentait de graves défauts. Elle a été remplacée par la grande mosquée Tokyo Camii dont les travaux ont pris fin en l’an 2000.