L’Islam : une religion qui ne s’arrête pas aux confins du désert
La plupart des étrangers qui se rendent à la grande mosquée de Tokyo y vont pour prier. Depuis quelques années, le nombre des musulmans originaires de l’Asie du Sud-Est a considérablement augmenté au point qu’aujourd’hui, le sermon (khutba) que donne l’imam lors de la prière du vendredi est, non pas en arabe, mais en trois langues (turc, japonais et anglais).
Quand on considère le nombre de pratiquants de l’Islam, on s’aperçoit que le pays où ils sont le plus nombreux est l’Indonésie, avec plus de deux cent cinquante millions de fidèles, suivie dans l’ordre par le Pakistan, l’Inde, le Bangladesh, l’Egypte et le Nigéria. Le premier pays arabe, en l’occurrence l’Égypte, n’arrive qu’en quatrième position. L’Islam a beau être largement considéré comme une « religion du désert », il n’en compte pas moins quantité d’adeptes en Asie du Sud et en Asie du Sud-Est. De ce point de vue, on peut dire qu’il est tout proche du Japon.
Nurullah Ayaz, l’imam de la mosquée Tokyo Camii, dit qu’il aimerait que davantage de Japonais viennent visiter la mosquée, en toute simplicité.
« Nous donnons des explications faciles à comprendre sur l’Islam à ceux qui nous rendent visite. Nous leur disons comment se comporter dans un lieu de prière musulman, pour éviter tout problème. Dans notre religion, les femmes doivent se couvrir la tête avec un foulard (hijab) quand elles entrent dans la mosquée. De même, les hommes n’ont pas le droit de pénétrer dans la mosquée avec des shorts qui montrent leurs jambes. Nous avons donc mis à l’entrée de la mosquée des pièces de tissu qui sont à la disposition des personnes qui n’ont pas de quoi se couvrir la tête ou d’autres parties du corps dénudées. On demande également aux visiteurs de ne pas parler pendant qu’il y a des fidèles en train de prier. Enfin, il est interdit de prendre des photographies sans autorisation. Voilà à peu près à quoi se résument les règles de comportement auxquelles les visiteurs doivent se conformer. »
En fait, la seule chose sur laquelle Nurullah Ayaz insiste vraiment, c’est qu’il faut respecter les adeptes de l’Islam quand ils sont en train de prier, en veillant à ne pas passer devant eux. La règle veut en effet que lorsqu’un fidèle prie, il ne doit y avoir aucun obstacle entre lui et Allah. Passer devant un musulman en prière équivaut donc à rompre la relation qui l’unit à Dieu.



