Les problèmes liés à la surpopulation
Dans les marais de Kushiro à Hokkaidô, le nombre trop important de grues à couronne rouge est également devenu un problème. La réduction et la destruction de leur habitat les amènent de plus en plus à s’aventurer près des humains. Par ailleurs, leur présence trop importante augmente le risque de maladies infectieuses. Enfin, elles sont devenues de véritables nuisibles qui détruisent les récoltes. Certaines mêmes connaissent une fin tragique et s'électrocutent sur des fils à haute tension ou provoquent des accidents de la circulation.
Ainsi, il n'est plus rare de voir des grues traverser les autoroutes ou les voies ferrées. Au cours des années 1964, 1965, 1972 et 1973, environ 10 % de la population locale de grues sont mortes en raison d'accidents de la circulation. D’autres, attirées vers les étables, se sont embourbées dans des cuves à lisier de bouse de vache entre autres déchets, d’où elles n’ont pu s’échapper.
Des épidémies de grippe aviaire hautement pathogène au cours des hivers 2010-2011 et 2016-2017 continuent d'être signalées chez certaines espèces d’oiseaux sauvages. En raison d’une possible propagation du virus à partir d'aigles à queue blanche, lesquels viennent se nourrir des poissons dispersés pour les grues à couronne rouge, il a été mis fin à cette pratique dans certaines régions.
Des grues dans des endroits improbables
Certaines grues ont pour ainsi dire perdu leur instinct sauvage et ont pris l’habitude de recevoir de la nourriture des humains. Elles peuvent par exemple ainsi élire domicile dans des étables, ces dernières leur assurant des vivres grâce à la nourriture donnée aux bovins. Dans presque chaque étable, ces grues persona non grata s’invitent, partageant le festin de leurs occupants. Il n’est pas rare de voir des vaches et autres bovins la tête plongée dans leur mangeoire et des grues de l’autre côté à l’affut prêtes à rattraper à la volée quelque miette de nourriture que le ruminant aura nonchalamment laissé choir...
Autre scène typique : des grues picorant dans des tas de déchets et de compost de fermes d'élevage, un tableau quasi pittoresque auquel l’expression en japonais hakidame ni tsuru, ou « grue sur un tas de déchets » correspond parfaitement. Prise au sens figuré, cette expression signifie la présence d’une chose belle et raffinée dans un endroit improbable.
Dans certaines fermes, les grues, mêmes chapardeuses, sont les bienvenues, les propriétaires des lieux prenant en compte qu’elles sont une espèce protégée, mais tous ne sont pas aussi cléments. Certains agriculteurs n’hésitent pas à chasser l’oiseau, le considérant comme un nuisible qui ravage leurs champs de maïs et piétine leur orge. Dans les fermes d'élevage, les grues percent des trous dans les couvertures en plastique du foin posées sur le fourrage réservé à l'alimentation du bétail, effrayant les jeunes vaches nerveuses qui se blessent en essayant de s'éloigner des oiseaux qui battent des ailes autour d’elles. Un grand nombre d’agriculteurs expriment leur ras-le-bol, mettant le doigt sur le fait que ces animaux sont de plus en plus nombreux, et font donc de plus en plus de dégâts. Ils ne souhaitent certainement pas voir la population des grues s’accroître.



