Pour la princesse Mako, un « choix nécessaire »
Quelques jours plus tard, le 13 novembre, la princesse Mako rendait publique une déclaration concernant son éventuel mariage :
« Je comprends que, pour diverses raisons, certaines personnes voient d’un mauvais œil ce mariage. Mais pour nous deux, nous sommes l’un pour l’autre cette présence irremplaçable sur laquelle compter dans les jours heureux comme malheureux et notre mariage est, pour chacun, un choix nécessaire à notre vie tout en préservant nos sentiments. »
C’est la première fois qu’une femme de la famille impériale exprime aussi vivement, à l’adresse du peuple, sa volonté de s’unir à celui qu’elle aime et qu’elle emploie une formule poignante comme « un choix nécessaire à notre vie ».
Dans cette déclaration, la princesse Mako explique également « avoir annoncé la publication de cette déclaration à l’empereur et à l’impératrice, ainsi qu’au couple impérial retiré. Tous quatre respectent [ses] sentiments et y portent un regard bienveillant, ce dont [elle leur est] profondément reconnaissante ».
Ce qui nous a interpellé à la lecture de ce texte est l’absence de mention concrète de la question des dettes de la famille Komuro. Une précision comme « je ne me marierai pas tant que la famille Komuro n’aura pas réglé ce problème » ou « je ne paierai pas un centime en lien avec cette question » aurait sans doute rendu le peuple plus compréhensif.
La réticence du prince Fumihito
Le prince Fumihito d’Akishino, lors de la conférence de presse donnée avant son anniversaire le 30 novembre, a indiqué « accepter le mariage du couple. La Constitution précisant que “le mariage est fondé sur le seul accord mutuel des futurs époux”, en tant que parent, [il se doit] de respecter leurs sentiments. »
Il a également déclaré, toujours à propos de cette union, que « dans la situation actuelle, de nombreuses personnes ne [pouvaient] ni comprendre ni se réjouir. [Sa] fille aussi le ressent sans doute. » Il a souligné que l’heure de recevoir la bénédiction des Japonais n’était pas arrivée. Il a enfin invité la famille Komuro à faire un geste « concret » pour recueillir l’adhésion du plus grand nombre.
« Lorsque le mariage sera décidé, il sera important d’expliquer clairement ce qui s’est passé », a-t-il ajouté, suggérant au jeune couple de rechercher activement l’approbation de la population.
Rappelons en passant que c’est en août 1989, sept mois après le décès de l’empereur Hirohito, que le prince Fumihito lui-même a annoncé son souhait de se marier, soit avant la fin de l’année de deuil officiel. De plus, son frère aîné Naruhito, le prince héritier (et actuel empereur), était encore célibataire. L’Agence de la maison impériale avait estimé que si une cérémonie pendant la période de deuil était inconcevable, il était néanmoins possible de décider des fiançailles, officiellement entérinées en septembre. Elles ont été célébrées le 12 janvier 1990, à l’issue de l’année de deuil.
Son acceptation, bien que réticente, du mariage de la princesse Mako, est typique du prince Fumihito qui a élevé ses enfants dans le respect de leur personnalité.
Attentes en hausse concernant le prétendant
L’attitude de Komuro Kei va être au centre de l’attention. Pour faire un grand pas vers la concrétisation du mariage, une prise de conscience et une attitude responsable de sa part sont indispensables. Car de nombreuses personnes sont opposées à cette union.
Voici ce qu’il déclarait lors de la conférence de presse pour l’annonce des fiançailles, il y a trois ans :
« Prendre la princesse Mako pour épouse est une lourde responsabilité, que j’entends endosser avec sérieux. Je vais faire de mon mieux pour y répondre. Lorsque j’ai annoncé à ma famille que nous nous fréquentions avec l’intention de nous marier, ma mère m’a répondu : “C’est un grand honneur ; si tu as choisi la princesse comme partenaire, fais tout ton possible pour la rendre heureuse.” »
Il a également déclaré que « [son] expression préférée [était] let it be ». Mais cette fois-ci, il n’est pas question de laisser les choses en l’état. Nous espérons que Komuro Kei saura se souvenir de sa déclaration précédente et faire son possible pour assurer le bonheur de la princesse Mako.
(Photo de titre : la princesse Mako et Komuro Kei annoncent leurs fiançailles prochaines devant la presse, le 3 septembre 2017 au palais d’Akasaka à Tokyo. Photo de pool, Jiji Press)

