Un réacteur à eau légère en échange du renoncement à l'anti-américanisme

Vis-à-vis de la question du nucléaire iranien, le Japon doit continuer à faire entendre à Téhéran, qu'il ne peut, en tant que seul pays au monde à avoir subi la bombe atomique, accepter que le nom de l'Iran vienne s'ajouter à liste des pays détenteurs de l'arme atomique. Il faut aussi demander à Téhéran, s'il ne veut plus être soupçonné de développer cette arme, d'accepter le réacteur à eau légère proposé par l'UE et les Etats-Unis. Si sa politique nucléaire a véritablement pour but un usage pacifique, l'Iran devrait pouvoir accepter cette proposition.

Enfin, Tokyo devrait exiger de Téhéran qu'il renonce à ses slogans anti-américains. L'anti-américanisme est peut-être le symbole de la révolution iranienne, mais c'est aussi une des raisons de la profonde méfiance américaine vis-à-vis de l'Iran.

Il est d'autre part indéniable que le gel des avoirs iraniens aux Etats-Unis pousse l'Iran à camper sur ses positions. Washington pourrait aussi jouer la carte de leur dégel pour obtenir des concessions de la part de Téhéran, par exemple lui faire accepter une centrale à eau légère. Le dégel de ces avoirs pourrait d'ailleurs conduire l'Iran à réexaminer ses relations avec les Etats-Unis. C'est une des choses que le Japon pourrait choisir de proposer à son allié.

Faire progresser la réconciliation avec la communauté internationale par les échanges

Le Japon a aussi la possibilité de promouvoir de bonnes relations avec l'Iran en lançant avec ce pays des échanges scientifiques et culturels, et lui offrir ainsi une opportunité d'améliorer ses relations avec la communauté internationale.

La culture iranienne, notamment par son cinéma qui bénéficie d'une haute considération internationale, et les arts décoratifs iraniens, si minutieux, dont les tapis fournissent un bon exemple, sont pour les Iraniens une source de fierté nationale. Mieux faire connaître cette culture au Japon contribuera de manière significative à améliorer l'image que les Japonais ont de ce pays, et à ne plus le voir d'abord comme un pays qui s'oppose aux Etats-Unis.

Il faudrait aussi envisager de diffuser en Iran la culture, la tradition et la technique japonaises, par exemple en organisant en Iran des expositions de collections des musées japonais. Les Iraniens ont une confiance presque absolue dans la technologie japonaise, et leur faire découvrir notre belle culture ne peut que contribuer à faire naître de bons sentiments vis-à-vis du Japon.

Cela fournirait une base à Tokyo pour demander à Téhéran d'indiquer sans aucune équivoque que ses objectifs dans le domaine nucléaire sont pacifiques, et de faire des efforts pour rejoindre la communauté internationale. Après l'accident de Fukushima Daiichi, le Japon ne peut plus s'appuyer autant qu'avant sur l'énergie nucléaire et il a encore plus besoins des ressources énergétiques iraniennes. Entretenir et continuer à développer de bonnes relations bilatérales avec l'Iran est sans nul doute dans l'intérêt du Japon. Que cela conduise à la résolution de la question du nucléaire iranien qui préoccupe la communauté internationale est tout aussi important.

(D’aprés un original écrit en japonais, 9 April 2012)