Dans un contexte de diversification des formes de la main-d’œuvre
Les causes de la pénurie de main-d’œuvre sont multiples, la résoudre ne sera pas aisée. La complexité de la situation est à souligner.
Les causes de la pénurie de main-d’œuvre au Japon
| Facteurs à moyen et long terme |
| • Diminution de la population active • Évolutions structurelles et industrielles (Ralentissement de l’économie, changements dans le secteur des services) |
| Facteurs à court terme |
| • Augmentation des besoins en ressources humaines du fait de la reprise |
| Facteurs structurels |
| • Différenciation des offres d’emploi en fonction de la taille de l’entreprise, du secteur, des postes à pourvoir et de la région |
Les facteurs sociaux et structurels sont en majeure partie inévitables, mais la population active pourrait être augmentée. Pour cela, il est absolument indispensable de promouvoir la diversification de l’emploi, par exemple en permettant à plus de femmes, aux personnes âgées ou aux handicapés d’accéder à l’emploi. Il est également nécessaire d’optimiser les occasions favorables à de « bons mariages » entre entreprises et demandeurs d’emploi. Concrètement, il serait certainement souhaitable de favoriser l’émergence d’agences de placement, car la mise en contact des entreprises et des chercheurs d’emploi par le seul intermédiaire des revues papier et d’internet fait apparaître ses limites. Un agent agissant comme un lien entre les deux partenaires est de ce point de vue nécessaire.
Ingéniosité requise pour rencontrer les compétences idéales
Cela ne dispensera pas chaque entreprise de faire preuve d’ingéniosité pour provoquer les rencontres les plus profitables pour les deux parties. Dans notre archipel aux ressources limitées, l’excellence des ressources humaines est le seul moyen de survivre à la concurrence internationale. Les meilleures entreprises du Japon ont fait une partie de leur réputation sur l’ingéniosité dont elles ont su faire preuve dans leurs méthodes de recrutement : Toyota, Honda, Sony, mais aussi Recruit, Yamada Denki, Fast Retailing, Softbank, GREE… et tant d’autres qu’on ne peut les citer toutes. L’une des causes essentielles de leur développement rapide a toujours été une audace en matière de management des ressources humaines. Et plus particulièrement une ingéniosité payante en matière de recrutement.
Le cas de Sony est particulièrement parlant de ce point de vue. Dès les années 1960, la diffusion d’offres d’emploi par petites annonces à la fois originales et provocatrices avait fait parler d’elle. On avait même vu des offres d’emploi sans aucune exigence d’études particulières. Sony a également été le premier employeur japonais à améliorer le modèle du Curriculum Vitae traditionnel et à avoir introduit la « fiche de postulant », bien plus détaillée. Ainsi qu’à laisser le choix, dans les années 2000, de la période de prise d’emploi, alors qu’auparavant tous les recrutements partaient d’avril. Tout est mis en œuvre pour recruter les ressources humaines les meilleures et les plus diversifiées.
Certes, récemment, les résultats en baisse de Sony font passer au second plan l’ingéniosité et l’audace des politiques de recrutement. Mais je rêve d’un Sony retrouvant des résultats florissants allant de pair avec une politique de recrutement éblouissante.
L’État et les structures régionales ont également leur partie à jouer, même si malgré nos voix qui s’élèvent pour une action rapide, la réaction se fait attendre, comme d’habitude. C’est d’abord en matière d’auto-entreprises, au niveau individuel que le besoin d’audace et d’ingéniosité se fait le plus sentir.
(Photo de titre : futurs diplômés étudiants des annonces de recruteurs. Jiji Press)