Rétrécir la distance entre les jeunes et la politique
Le monde politique a jusqu’à présent fait appel aux étudiants comme personnel au moment des élections ou autres activités politiques, mais il ne donne pas l’impression d’avoir activement cherché à obtenir leur soutien par ses politiques ou à faire entrer les jeunes dans l’organisation des partis. Cela revient à dire que le monde politique n’a pas eu jusqu’à présent conscience d’eux comme soutiens ou électeurs potentiels.
Une des caractéristiques des campagnes électorales japonaises est qu’elles ont tendance à s’appuyer, pour attirer les électeurs, non sur les programmes mais sur les intérêts des différents métiers et professions ou encore sur les réseaux de relations. Ces méthodes destinées à s’assurer le soutien des électeurs qui impliquent leur profession et leur lieu de résidence fixe ne sont donc pas adaptées aux étudiants. Souligner le contenu des programmes politiques sera probablement plus efficace vis-à-vis d’une classe d’électeurs qui a peu de liens avec les gens et les lieux où elle vit.
En d’autres termes, la classe politique et les médias vont probablement dorénavant s’intéresser aux programmes politiques susceptibles d’attirer les jeunes électeurs. La seule façon de le faire est de prendre contact avec les jeunes, de les considérer comme de possibles soutiens et d’élaborer avec eux des programmes. Les partis politiques japonais ont jusqu’à présent considéré que les programmes politiques devaient être proposés par les élites, politiciens, bureaucrates et experts, sans aborder les questions politiques sur le terrain. Cette approche à sens unique fait sans doute partie des facteurs à l’origine de la distance qui existe actuellement entre la politique et les électeurs.
Le monde politique saura-t-il profiter de l’opportunité qu’est pour lui le droit de vote à 18 ans ? La réponse sera déterminée par sa capacité à réduire la distance entre la politique et les divers électeurs, à faire renaître chez eux de l’intérêt et des attentes vis-à-vis d’elle, autrement dit précisément par ce qui pose problème dans la politique japonaise actuelle. Le droit de vote à 18 ans n’est pas en soi un remède magique. Mais on peut espérer qu’il sera une occasion pour faire évoluer la volonté, l’organisation et la conscience politiques.
(Photo : le « référendum blanc » sur la législation sécuritaire organisé auprès de quelque 300 lycéens en classe de première, le 8 juillet 2015 au lycée Ritsumeikan Uji dans la ville d’Uji, préfecture de Kyoto. Jiji Press)▼A lire aussi
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