Les nouveaux défis à relever

Dans les explications qu’il a données sur l’importance de la tenue de la TICAD en Afrique, le ministère japonais des Affaires étrangères a mis l’accent sur la montée du sentiment d’appartenance en Afrique et l’encouragement que la CAU entend y apporter. Le ministère a également insisté sur le rôle joué par le sommet en tant que révélateur de la contribution du Japon au développement de l’Afrique et de promoteur de l’image du pays auprès des populations de ce continent et du monde entier.

La situation de l’Afrique a considérablement changé depuis le sommet de 2013. Le déclin mondial des prix des biens et des services, dû au recul de la croissance en Chine et ailleurs, a entraîné un ralentissement similaire sur le continent africain ; l’épidémie d’Ébola a mis en évidence les carences du système de santé publique ; et l’extrémisme violent se répand en Afrique de l’Ouest et du Nord-Est. Face à ces défis, la TICAD VI s’est donné pour objectif de prendre des mesures visant à renforcer la flexibilité et l’efficacité.

Les principaux acquis de la conférence, tels qu’ils sont énoncés dans la Déclaration de Nairobi et le Plan de mise en œuvre de Nairobi, résident dans les mesures ciblées sur ces domaines prioritaires et articulées autour de trois grands axes. Le premier est la volonté de faire avancer la transformation structurelle de l’économie à travers une diversification et une industrialisation visant à réduire la dépendance du continent dans le domaine des biens et services de base grâce à l’amélioration de l’infrastructure et des ressources humaines. Le second axe est le renforcement de la coopération en vue de la mise en place d’une couverture santé universelle et d’un environnement sanitaire durable et propice à l’amélioration de la qualité de la vie. Quant au troisième axe, la promotion de la stabilité sociale pour un meilleur partage de la prospérité, il vise à faire face au besoin d’une réponse globale aux problèmes de sécurité. Le Premier ministre Abe s’est engagé à ce que le Japon investisse, au cours des trois prochaines années et dans un large éventail de projets liés à ces trois grands axes, des fonds d’origine publique et privée à hauteur de 30 milliards de dollars. Le défi que vont devoir relever les décideurs politiques consistera désormais à mettre en œuvre les mesures nécessaires pour tirer le meilleur parti de ces investissements.

Le sommet a en outre eu le mérite d’ouvrir aux sociétés japonaises des opportunités d’entrer directement en contact avec les populations et les entreprises africaines. 84 entreprises et organisations japonaises ont participé à une foire exposition qui visait à augmenter leur présence sur le continent africain et qui a débouché sur la signature de 73 protocoles d’entente entre 22 organisations japonaises et leurs homologues africaines. C’est ainsi que la tenue de la TICAD en Afrique a grandement contribué à la mise en place s’un cadre public-privé permettant d’accroître le flux des investissements d’entreprises.