Des jeunes filles manipulées
Yuri, âgée de 18 ans, est en troisième année du lycée et habite à Tokyo. Elle fait partie du club de théâtre de son école et veut intégrer une école spécialisée dans la mode. Pendant une année, de 16 à 17 ans, Yuri a travaillé dans le JK business. Son travail consistait à s’habiller en tenue cosplay de personnages d’anime ou de jeux vidéo, participer à des séances photos dans des chambres d’appartement ou faire du karaoke avec des clients.
À cette époque, Yuri gagnait 20 000 yens par mois (150 euros) en travaillant quelques heures dans des restaurants. Mais son portefeuille se vidait dès qu’elle faisait du shopping ou sortait manger avec ses amis. C’est alors qu’une de ses collègues de travail lui a donné le nom d’un site d’offres d’emploi dans le JK business. Sur la page d’accueil, on pouvait lire : « 20 000 lycéennes inscrites sur notre site », ou encore : « 150 inscriptions aujourd’hui ». Les offres étaient réparties en plusieurs catégories, telles que séance photo, cosplay, karaoke, guide touristique, etc. Il y avait aussi des photos et des commentaires de jeunes filles ayant déjà travaillé pour le site. Bien que méfiante de prime abord, les messages laissés par ces lycéennes expérimentées ont attiré son attention.
« On peut postuler anonymement sur ce site et il n’y a pas de sollicitation agressive. Pas besoin de s’inquiéter de fuites de données personnelles. Le personnel est accueillant et j’ai pu me faire des amies de beaucoup de lycées différents. C’est agréable de travailler ici ! »
En lisant ce genre de commentaires, Yuri s’est dit qu’elle pourrait s’inscrire anonymement. Après tout, l’inscription était gratuite et simple. Elle décide de créer un profil sous le pseudonyme « Momo », en fournissant son âge, son adresse électronique, ses centres d’intérêts et en mentionnant qu’elle était membre du club de théâtre de son école. Peu de temps après, elle reçoit un email du site Internet lui proposant un travail mettant à profit ses compétences, intitulé : « Momo, nous avons une offre d’emploi à vous proposer compte tenu de votre expérience d’actrice ».
« Nous recrutons en urgence des mannequins cosplay pour une séance photo d’une journée. Rémunération : 10 000 yens pour trois heures de travail. Expérience non requise. Notre personnel féminin accueillant vous assistera sur place et fera de son mieux pour que vous soyez bien encadrée. »
Yuri était surprise de lire que le personnel était composé de femmes. En effet, elle s’imaginait que les agences du JK business étaient gérées par des « hommes à l’air intimidant ». Rassurée en lisant que c’était un travail d’une journée et que des femmes seraient présentes sur place pour l’assister, Yuri a tout de suite postulé. Le jour venu, elle s’est rendue sur le lieu du rendez-vous : une chambre d’appartement près d’un quartier animé. Elle sonne à l’interphone avec un peu d’appréhension. C’est alors que trois femmes l’accueillent avec un grand sourire.
Dix clients sont présents, ainsi que quatre lycéennes dont Yuri. Elle n’a qu’à enfiler des tenues cosplay et à être prise en photo. Après le « travail », Yuri reçoit comme promis les 10 000 yens et part ensuite déjeuner avec le personnel et les autres lycéennes. L’ambiance est décontractée et les filles discutent comme des amies. Le trac que Yuri avait ressenti plus tôt s’était dissipé. Au contraire, elle était enchantée à l’idée d’avoir découvert un moyen si simple de gagner de l’argent.