Les lieux de ponte bientôt localisés grâce à l’ADN environnemental

Un œuf d’anguille japonaise sauvage prélevée dans le Pacifique à l’ouest des Mariannes. (Photo avec l’aimable autorisation du professeur Tsukamoto)

L’équipe de recherche du professeur Tsukamoto est parvenue à déterminer la zone approximative de ponte des anguilles grâce à l’analyse de leptocéphales prélevés en mer en 1991, en réussissant à la localiser dans une zone de 100 à 200 kilomètres de circonférence. En 2009, elle a réduit le diamètre de cette zone à plusieurs dizaines de kilomètres et a pu récolter des œufs.

——Pensez-vous bientôt pouvoir assister à la ponte ?

« Nous avons identifié la zone de ponte, mais afin d’y assister, nous devons définir l’endroit où elle a lieu avec une précision de plusieurs dizaines de mètres. De plus, la ponte ne dure qu’un instant. Nous n’avons pas pu le faire cette année, mais le résultat le plus notable est d’avoir extrait de l’océan de l’ADN émis par des anguilles adultes grâce à la technologie de l’ADN environnemental, et ainsi réduit la localisation du lieu de ponte d’une zone de dix kilomètres à une zone de quelques centaines de mètres.

« Nous supposons que le point culminant de la ponte se produit trois jours avant la nouvelle lune. Cette année, nous avons détecté de l’ADN environnemental cinq jours avant la nouvelle lune, et trois jours avant celle-ci, obtenu des signaux d’ADN environnemental en très grande quantité. Une ponte a dû avoir lieu non loin de là. La caméra du robot sous-marin a enregistré des images qui ressemblaient à des anguilles blessées. À l’avenir, j’aimerais faire des plongées de nuit en submersible pour observer l’instant de la ponte. L’analyse des données recueillies jusqu’à présent nous permet de supposer qu’elle se produit vers une heure du matin. Mais un obstacle demeure : nous ne pouvons pas pour l’instant plonger de nuit pour des raisons de sécurité. »

Un grand filet à plancton (3m de diamètre) permet de recueillir des œufs et des leptocéphales. (Photo avec l’aimable autorisation du professeur Tsukamoto)
Le submersible Shinkai 6500 utilisé dans les recherches. (©JAMSTEC)