Une présence encore peu visible au Japon

Les infirmières scolaires, apparues au Japon à peu près au même moment qu’en Occident, sont les précurseurs des professeurs de santé. Si elles y ont gardé là-bas le même statut et rôle, au Japon cependant, elles ont été remplacées par des professeurs de santé, au statut d’enseignant. Parce qu’ils ont leur place dans l’institution scolaire et qu’ils sont en contact permanent avec les enfants, leurs sollicitations sont plus faciles que les psychologues scolaires.

Le métier de professeur de santé associe deux rôles différents, soin et éducation. Afin de diffuser dans le reste du monde leur expérience unique, des professeurs de santé japonais ont créé un groupe, le National Network of Yogo Teachers (NNYJ), qui participe depuis les années 1990 aux rencontres triennales de l’International Union for Health Promotion and Education.

Shishido Sumi, une professeure de santé à la retraite qui a fondé le NNYJ et enseigne aujourd’hui à Teikyô Junior College, explique que les participants au réseau ne cessent de croître. Les infirmiers scolaires et les chercheurs français, anglais ou canadiens, lui ont souvent dit que leurs interactions avec les enfants ne se limitent malheureusement qu’à une ou deux fois par semaine, et qu’ils enviaient le système japonais dans lequel le professeur de santé est présent en permanence à l’école Il leur paraissait idéal qu’une seule personne s’occupe des soins physiques et affectifs, et aimeraient s’inspirer du système japonais.

Mme Shishido ajoute : « Vis-à-vis des problèmes communs aux enfants du monde entier, obésité, maltraitance ou encore maladies contagieuses, les professeurs de santé ont une expérience précieuse. J’aimerais que cette profession puisse faire progresser la réflexion concernant les enfants des autres pays. »

Il est d’autant plus regrettable qu’au Japon même, le rôle que ces professeurs jouent ne soient pas suffisamment valorisé. Au sein du corps enseignant, certaines personnes ont des préjugés contre eux, et parce qu’ils connaissent mal la réalité des choses, pensent que les professeurs de santé gâtent les enfants. Si ces derniers pouvaient être davantage reconnus comme des spécialistes soutenant la croissance saine des enfants sur le plan physique et affectif, et si l’on pouvait leur laisser un champ plus vaste pour déployer leur potentiel, alors bien plus d’enfants pourrait être secourus.

(Texte écrit à l’origine en japonais du 5 mars 2018. Photo de titre : PIXTA)