L’aide offerte n’est pas la même partout
Parmi les élèves inscrits dans les établissements scolaires publics japonais, de l’école élémentaire au lycée, plus de 43 000 étaient en 2016 incapables de suivre les cours car ils ne comprenaient pas le japonais. En dix ans, ce nombre a été multiplié par plus de 1,6. Il comprend non seulement des enfants de nationalité étrangère, mais aussi ceux qui ont la nationalité japonaise mais qui ont longtemps vécu à l’étranger. Environ 10 000 d’entre eux ne bénéficient d’aucune aide, et courent donc le risque de tomber, comme Mayumi, dans le semilinguisme.
Actuellement, c’est aux collectivités locales qu’il revient de s’occuper de ces enfants qui ont des racines à l’étranger (dont les deux parents ou un seul est d’origine étrangère). Ainsi, si certaines régions organisent des classes de japonais ou offrent un soutien en collaboration avec des ONG, d’autres ont du mal à mettre ce système en place pour des raisons budgétaires ou de ressources humaines quand il n’y a qu’un ou deux élèves en besoin par établissement… Plus de la moitié des enfants qui ont besoin de cours de japonais vivent dans des collectivités locales de ce type.
De plus, le soutien apporté par les associations et les ONG extérieures à l’école dans ces zones est souvent insuffisant. Beaucoup d’entre elles sont administrées par des bénévoles, et elles sont parfois contraintes de réduire ou stopper leurs activités par manque de fonds, ou en raison du vieillissement de leurs membres. Ces écarts en termes de qualité et de quantité entre le niveau de soutien fourni par les collectivités locales est un problème qui dure depuis de longues années.

