Pourquoi un si grand nombre de démissions ?

Aide-soignant soins longue durée est un travail difficile. Heures irrégulières, plages horaires de jour comme de nuit, stress d’être en contact avec des personnes âgées parfois atteintes de démence... S’ajoute à cela les salaires peu élevés… Voici les raisons qui expliquent le manque chronique de personnel (tellement peu nombreux qu’il ne peut souvent même pas prendre les congés payés auxquels il a droit).

Même si les soins longue durée sont subventionnés par le gouvernement, les aide-soignants, eux, gagnent en fait environ 1 million de yens (8 640 euros) de moins par an par rapport à d’autres secteurs. Mais les bas salaires ne sont pas la seule raison pour laquelle la profession n’attire pas ; l'environnement de travail est un autre facteur. Selon un sondage de la Care Work Foundation, où plusieurs réponses étaient possibles, les relations humaines sont l’élément de réponse le plus fréquemment donné. Une part non négligeable de répondants se disent insatisfaits de la philosophie de leur employeur ou du fonctionnement de leur établissement.

Cette enquête révèle que la principale motivation derrière le choix d’une profession dans les soins longue durée n’est pas le salaire, mais plutôt le caractère utile de leur métier. Ces personnes ont également tendance à privilégier des lieux de travail agréables, où le stress dû aux relations entre collègues est moindre. En règle générale, les personnes employées dans le domaine de la protection sociale ont tendance à vouloir travailler avec des collègues sympathiques, prêts à aider ceux qui sont dans le besoin. C'est pourquoi le nombre de démissions est important, notamment dans le cas de mauvaises relations humaines sur le lieu de travail.

Malheureusement, le personnel d'encadrement des établissements de soins longue durée où les conditions de travail sont mauvaises ne semble pas être suffisamment conscient de problèmes tels que le harcèlement sexuel ou professionnel comme c’est déjà le cas dans d'autres secteurs, ce qui ne contribue pas à redorer l’image de la profession. Ce sont tout autant de raisons pour lesquelles le pourcentage des démissions est particulièrement élevé ; plus de 60 % des travailleurs quittent leur emploi après moins de trois ans.

Autre facteur à ne pas négliger : le comportement des bénéficiaires de soins longue durée et des membres de leur famille. Certains considèrent que ces soins sont un dû et qu’ils n’ont donc que peu d’égards à avoir pour le personnel, y voyant tout au plus une version améliorée d’un employé de maison. Ce manque de respect pousse certains employés à chercher une meilleure reconnaissance de leur travail ; un phénomène qui ne fait et ne fera qu’aggraver la pénurie de main-d’œuvre dans la profession. Aujourd’hui, sur le marché du travail, chacun essayant de se vendre, grâce à leurs qualifications spécialisées, ces personnes peuvent aisément trouver un emploi dans un autre domaine. En ce sens, pour enrayer cet exode de la profession, les bénéficiaires et les membres de leur famille ont eux aussi leur part de responsabilité à assumer.