L’implication active de la Chine dans l’assistance à la communauté internationale
L’éruption de l’épidémie de Covid-19 s’est produite à un moment où l’Europe et les États-Unis se replient de plus en plus sur eux-mêmes. Avant cela, une tendance à l’internationalisme était à l’œuvre et les nations étaient enclines à coopérer à la résolution des problèmes au-delà de leurs propres frontières. Tout en haut de la liste des problèmes demandant des réponses internationales, on trouve l’environnement, suivi par les maladies infectieuses.
En dépit de la pandémie mondiale actuelle, la tendance au chacun pour soi est très répandue. L’incapacité de la communauté internationale à faire cause commune face à la crise actuelle me semble regrettable.
L’un des rôles qui incombe à la Chine dans sa marche en avant est de prendre une part active à la coopération en tant que membre clé de la communauté mondiale. En mars, alors qu’elle avait déjà infléchi la courbe de diffusion du Covid-19 à l’intérieur de ses frontières, la Chine a envoyé un équipe de soutien médical porter assistance à l’Italie durement frappée, et s’est engagée à faire un don de 20 millions de dollars à l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
Peut-être la Chine est-elle en droit d’annoncer que l’épidémie recule chez elle, mais il n’en reste pas moins que, si le virus continue de se propager aux États-Unis, en Europe et ailleurs, les dégâts infligés à l’économie mondiale seront énormes. C’est pourquoi la Chine se doit de surveiller d’encore plus près l’évolution de la situation à l’échelle internationale.
Le Japon se trouve lui aussi confronté à une situation difficile, mais plutôt que de nous contenter de reprocher au directeur général de l’OMS d’entretenir des liens trop étroits avec la Chine, nous devons renforcer notre soutien à cette institution. J’espère que le mouvement mondial de soutien à l’OMS va s’amplifier à mesure qu’elle se bat contre la pandémie.
Le sens chinois de la justice
Pour en terminer avec mes réflexions sur la question du Covid-19 en relation avec la Chine, il me reste à parler de l’importance fondamentale que les Chinois accordent à la notion de justice. Pour juger les comportements humains, la question de savoir s’ils sont justifiés où non constitue chez eux la norme et le fondement de leur sens des valeurs.
On prête au Japonais Kohinata Hakurô, qui fut un bandit avant et pendant la Seconde Guerre mondiale et avait des liens profonds avec les Chinois ordinaires, les propos suivants : « Les Chinois sacrifieront avec joie leur vie pour la justice. L’armée japonaise ne se rend pas compte qu’il existe un lien direct entre la justice et les actes des Chinois. »
Le Docteur Li Wenliang, ophtalmologue exerçant à Wuhan, l’épicentre du Covid-19, a mis en ligne le 30 décembre 2019 sur une plateforme de réseau social une information à propos de patients souffrant d’une maladie similaire au SRAS. Ce message lui a valu d’être poursuivi en justice par les autorités locales et, au mois de février de cette année, il est mort d’une pneumonie provoquée par le virus. La répression subie par ce lanceur d’alerte, rabaissé au rang de colporteur de rumeurs, a déclenché la furie du public chinois. Traiter ce fait à la légère va à l’encontre de la notion de justice propre au peuple chinois.
L’issue de cette affaire témoigne de la puissance des masses chinoises. Confrontées à l’explosion de colère au sein de la population, les autorités ont dû reconnaître publiquement que leur réaction initiale à l’éruption du virus était erronée.
L’opinion publique force la main du PCC
L’idée que tout ce qui se passe en Chine obéit à la volonté du Parti communiste chinois est solidement enracinée. Pourtant, lorsqu’il s’agit de décisions affectant la vie et la santé des gens, les points de vue du peuple ont pris une importance de plus en plus décisive. La voix du peuple est quelque chose que le PCC lui-même ne peut plus ignorer.
Si la Chine a commencé à s’occuper des problèmes environnementaux, c’est parce qu’ils constituent une menace directe à la vie et à la santé des gens. À partir du moment où les masses ont exprimé la forte désapprobation que leur inspirait la dégradation de l’environnement, le gouvernement se devait d’agir. Bref, on est en droit de dire que la voix du peuple force le parti à agir. J’espère que le Japon va faire des progrès en termes de conscience de cet aspect de la société chinoise.
(Photo de titre : Pixta)
